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Le corps, reflet de la conception intime de soi

04/04/2021

Le corps, reflet de la conception intime de soi

Prendre exemple sur des fonctionnements observés dans le corps pour justifier que la « vie » fonctionnerait alors certainement de même est peut-être une vision erronée. Peut-être est-ce parce qu’une notion réside en esprit qu’elle peut avoir donné une manifestation biologique et corporelle ?


Nous justifions souvent nos comportements d’attaque et de défense par le fait que nos corps fonctionneraient ainsi et ce du fait que nous l’avons scientifiquement observé (système immunitaire de défense de l’organisme). Alors il serait naturel de se comporter de la même façon, dans des oppositions permanentes. Pourtant, admettons que ce pourrait être parce que l’attaque et la défense sont des notions profondément ancrées dans notre esprit humain que des mécanismes de l’immunité sont potentiellement défaillants. Leur fonctionnement de base pourrait être simple fluide et parfaitement orchestré par l’intelligence universelle sans qu’il soit besoin d’y ajouter les termes de défense et d’attaque qui sont finalement la projection de notre système humain de pensée. 


Finalement, si notre conception de nous-même se vit jusque dans notre organisme, nous concevoir comme des « battants »  (notion valorisée dans nos sociétés) est susceptible de créer des champs de bataille autant dans les circonstances de nos vies que dans nos corps. Nous considérer comme des battants ne peut que se répercuter aussi dans la création corporelle en nous offrant des batailles à mener. 
Déposer les armes est alors aussi puissant dans nos manifestations corporelles que dans nos circonstances de vie. Baisser les armes ne signifie pas abdiquer à un futur obligatoirement tragique à nos yeux. Déposer les armes, c’est rendre le pouvoir à ce qui le possède vraiment, qui l’a toujours eu et à qui rien n’est impossible : la vie.


Alors de grâce, ne nous glorifions plus de notre force, d’être des « battants ». Car notre force est ici notre faiblesse et le terrain de notre guerre intérieure (psychique et organique).


La conception que nous avons de nous-mêmes n’étant pas toujours facile à percevoir, nos circonstances de vie et notre corps en sont de très beaux indicateurs.


Le courage (« le cœur en action »), si telle est notre conception de nous-même, nous offrira des circonstances nécessitant la mise en œuvre de ce courage hors de la norme de perception habituelle et donnera dans le corps des manifestations qui nécessiteront de plonger dans l’amour. C’est ainsi que nous aurons profité de cette existence pour prendre à notre compte des densités importantes à transcender pour le collectif.


La patience, la tolérance et l’acceptation : si telles sont nos conceptions de nos qualités, nous offriront de quoi les mettre en œuvre et vivre ces qualités dans notre corps, avec des symptômes à caractère chronique.


La confiance nous offrira elle aussi sa mise à l’épreuve autant dans le corps que dans les circonstances apparemment extérieures de nos vies avec des maladies nécessitant de se confronter à la peur de la souffrance ou de la mort.  


Soyons envers nous-mêmes la bienveillance incarnée et observons comme la vie et nos corps nous offrent alors les circonstances pour nous vivre ainsi que nous nous concevons, en toute fluidité.


Ne cherchons donc pas à modifier quoi que ce soit dans notre plan de manifestation mais observons ce mécanisme magique qui, pour répondre à notre ordre, nous offre à chaque instant de vivre notre conception intime de nous-mêmes jusque dans notre chair.

Le temps d'avant, avant le temps.

27/03/2021

Le temps d'avant, avant le temps.

Il y a un an, une partie de l’humanité voyait son monde s’arrêter.
De toutes petites choses aux grands effondrements, chacun à sa manière est dans un processus de deuil.
Pour beaucoup, le cadre semble s’être rétréci, la ressource par le travail être en danger, la culture et l’art relégués au monde virtuel, les contacts humains compromis…
En quelques pensées, nous pouvons nous projeter dans un futur dystopique.

 

Alors à quand le retour à la normale ? La réponse serait : jamais et comme toujours.

 

Ce retour à la normale est un fantasme. Personne ne peut dire ce qu’était « Avant ». 
La norme, quant à elle, est une idée personnelle et instantanée.
« Avant » est composé de la somme des expériences du vivant au travers d’un espace temporel. 
Rien dans le passé ne peut être dissocié.
En réalité, à chaque minute ce monde d’avant disparaît.
Dans notre état naturel, nous laissons aller le passé. Nous conservons en mémoire les apprentissages et une vague histoire personnelle. Tout le reste presque invisible, nous colle à la peau, comme un héritage en permanente demande de validation. Mais quelque chose en nous ne dépend pas du temps.
En réalité, nous sommes des êtres intemporels que la mémoire rappelle. 

 

La mémoire individuelle est sélective, orientée, contextuelle. Le cerveau associe et compacte des souvenirs, les modifie, les arrange. Il comble les trous. C’est ainsi que nos souvenirs personnels sont plus ou moins faux. Alors, en cas de crise nostalgique, soyons conscients que nous sommes dans un monde factice. 
Et puis, il y a la mémoire non factuelle primitive, corporelle, collective. Celle qui nous fait percevoir le danger (parfois de manière tellement inadaptée que s’en est amusant). Celle qui nous aide à faire des ponts avec nous-même et entre nous, qui nous offre son expérience infinie et nous renvoie à plus grand.
La mémoire collective est l’infini des possibles dont la somme est nulle. S’attacher à un de ses fragments est comme décider que l’air enfermé dans une bouteille vide est une atmosphère. Cela est faux et vrai. Nous décidons de ce que nous en faisons. Nous pouvons donc nous en servir ou nous y piéger.

 

En réalité, depuis un an rien n’a changé sauf le décor. Nous restons ce que nous sommes.

 

Pourtant, chacune de nos actions, si banale soit-elle, peut émaner du passé. Elle conditionne alors littéralement le futur au passé. La force de l’habitude est telle que cela se répète encore et encore. Tant que nous tenons la ficelle du passé rien de nouveau ne peut apparaître. 
Les mêmes pensées continuent à régner sur notre univers et conditionner nos actions. Lutter contre la pensée est vain et inutile. Voir son fonctionnement et proposer notre alternative est créateur.

 

L’être humain est un être de relation. Quel que soit son niveau de conscience, l’humain grandit au travers de la relation. L’isolement le fait stagner ou dépérir. 
Chacun de nous aspire à partager au travers de la relation, ce qu’il est. 
Chacun désire se connaître et se reconnaître, s’honorer par ses pensées ses mots et jusque dans ses actes. Nous ne sommes pas obligés d’opter pour un changement aveugle et résigné.  Nous pouvons laisser faire ce qui, en nous, est libre et cherche à s’exprimer. 
À l’échelle individuelle, l’invitation n‘est pas seulement de sublimer ce qui est derrière nous. L’urgence est d’investir ce qui nous porte, nous réveille. Ce qui est simple et beau à nos yeux. Et de le mettre en œuvre. 
Collectivement, lorsqu’une idée, un projet est partagé par un nombre suffisant alors il prend forme et devient réel.


La proposition est de regarder où nous voulons aller et non de scruter l’univers des pires possibles, et le chemin sera plus doux.

L’expédition humaine

16/03/2021

L’expédition humaine

L’aventure de l’exploration intérieure permet un constat des plus stupéfiants. `
Elle mesure à quel point nous pouvons traverser l’existence dans l’ignorance massive de ce que nous sommes et des besoins qui sont les nôtres. 

 

Parce que nous connaissons maintenant le monde de la double hélice de nucléotides, celui des ribosomes et des neurotransmetteurs ou encore les infinies combinaisons de la synapse, nous avons l'illusion de savoir ce qu’est un être humain.
Les descriptions anatomiques, systémiques, organiques, moléculaires voire atomiques, nous incitent à croire que nous avons percé le mystère de la Vie et que nous sommes maintenant les dépositaires de ses plus profonds secrets.

 

En réalité il n’en est rien.
En tout cas pas depuis ce savoir-là.

 

Ces versions de nous-même ne sont que les sécrétions matérialisées de la sophistication infinie qui nous organise.
Qu’ils soient micro ou macroscopiques, ces mondes concrets ne constituent pas l'intelligence de la Vie : ils la reçoivent.
Tout comme la reçoivent le reste du vivant ou les univers moins substantiels de nos pensées, de nos émotions ou encore de nos inspirations. 
Finalement, nous faisons le constat de son existence sans identifier la source de cette intelligence créative qui encode la Vie avec ingéniosité. 

 

Si le mystère de son origine reste intact, il est tout de même possible de préciser les lois universelles qui la soutiennent autant que celles qui la sabordent.

 

À ce titre, les mondes de l’attention, de l’intention, de la connexion et des états d’être ont aussi leurs mathématiques.
Ils ne sont pas des fatalités et répondent à des règles de bonnes utilisations. 
Découvrir ces mécaniques est la source réelle du changement. Cela se nomme "devenir conscient" et cela implique d'être patient autant qu’endurant.

 

Car l’inconscience, qui tire sa force depuis le confort que procure son maintien, est puissante.

 

Il est par exemple su aujourd’hui que l’anthropocène* concourt à la sixième extinction de masse de la Vie sur terre. Celle-ci agonise donc littéralement. On ne se précipite pourtant pas à son chevet. 

 

Contre tout bon sens évident nous préservons notre inconscience. Cela nous protège de la douleur ressentie lorsque nous ouvrons les yeux. 
L’inconscience repousse le moment fatidique. Celui où quand le progrès se fait, toute l'absurdité qui l’a précédé nous agresse. 
Ainsi percevoir et respecter la magnificence de la Vie c’est faire exploser l’énormité actuelle de son mépris.
Tels des enfants trop meurtris par leurs propres erreurs, nous préférons en dénier la réalité.
Mais pour accéder à l’espèce consciente qui nous attend, pour peut-être même simplement survivre, il faudra bien accepter de regarder les enfers d’ignorance infligés.
Si l’on doit percer le malheur et passer outre lui, Il faudra bien que l’on se pardonne de ne pas être nés déjà achevés, de ne pas avoir su être la fleur avant d’avoir vécu la graine.

 

Soyons courageux, personne n’est épargné. 
Pour chacun d’entre nous l’intelligence est en progrès, la sensibilité en floraison et la maturité en devenir.

 

* Anthropocène = époque de l'histoire de la Terre qui a été proposée pour caractériser l'ensemble des événements géologiques qui se sont produits depuis que les activités humaines ont une incidence globale significative sur l'écosystème terrestre.

Retour à la simplicité

03/03/2021

Retour à la simplicité

Cette semaine je pensais écrire un article sur le principe de non-contradication, de l'acception classique d’Aristote à sa contestation par les découvertes de physiques quantiques et le Tiers inclus de Lupasco. Un beau programme philisophico-scientifico-phosphoro-théorico-intéressant … enfin intéressant pour moi j’imagine.  
J’ai pris beaucoup de plaisir à lire sur le sujet, résumer, classifier les théories. Et lorsque je m’apprêtais à rédiger mon texte, une fenêtre s’est ouverte « inopinément » sur mon écran d’ordinateur : le magnifique poème de Samuel Ullman que j’avais pris soin de garder dans un coin. Je l’avais oublié depuis.

 

«  La jeunesse n’est pas une période de la vie,
elle est un état d’esprit, un effet de la volonté,
une qualité de l’imagination, une intensité émotive,
une victoire du courage sur la timidité,
du goût de l’aventure sur l’amour du confort.


On ne devient pas vieux pour avoir
vécu un certain nombre d’années;
on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.
Les années rident la peau;
renoncer à son idéal ride l’âme.
Les préoccupations, les doutes,
les craintes et les désespoirs
sont les ennemis qui, lentement,
nous font pencher vers la terre
et devenir poussière avant la mort.


Jeune est celui qui s’étonne et s’émerveille.
Il demande, comme l’enfant insatiable « Et après ? »
Il défie les événements
et trouve la joie au jeu de la vie.


Vous êtes aussi jeune que votre foi.
Aussi vieux que votre doute.
Aussi jeune que votre confiance en vous-même
aussi jeune que votre espoir.
Aussi vieux que votre abattement.


Vous resterez jeune tant que vous serez réceptif.
Réceptif à ce qui est beau, bon et grand.
Réceptif aux messages de la nature,
de l’homme et de l’infini. 


Si un jour votre coeur allait être mordu
par le pessimisme et rongé par le cynisme,
puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard. »


Samuel Ullman (1840-1924)

 

Comment le principe de non-contradiction pourrait-il rivaliser avec cette merveille ? 
Ce poème est la victoire de la simplicité sur la complexité, la victoire de la magie sur la vie théorisée, la victoire de la jeunesse d’esprit sur la décrépitude.

Ces lignes sont tout ce dont j’ai besoin pour être qui je suis…  « Et après ? »  

 

On a lu pour vous "Tous connectés"

03/02/2021

On a lu pour vous "Tous connectés"

Le docteur en psychologie, Roger Nelson a débuté ses recherches sur l’effet du psychisme sur la matière à l’université de Princeton au sein du laboratoire PEAR en 1980. Son intention déclarée était de “marier la blouse blanche du scientifique au turban du mystique”. 
En 2002, il est devenu le directeur du Global  Consciousness Project ou GCP, qui depuis 20 ans, étudie l’existence d’une conscience humaine collective et son influence potentielle sur la réalité physique de notre monde. 


Au travers de son livre “Tous connectés” il cherche à démocratiser pour notre culture scientifique majoritaire, certaines réalités invisibles.
Pour cela le GCP bénéficie d’une collaboration internationale répartie sur 65 sites de recueil de données. 
Le principe expérimental s’appuie sur des générateurs de nombres aléatoires (ou GNA) de chacun des sites qui produisent 200 tirages de chiffres par seconde - soit des 1 soit des 0 - tel un pile ou face éléctronique. Les séquences de bits des générateurs sont obtenues par processus quantique appelé “effet tunnel” ce qui les rend véritablement imprévisibles.
Les GNA suivent donc les lois du hasard presque tout le temps mais peuvent être détournés de leur comportement aléatoire lorsqu’ils intègrent de minuscules quantités d’informations ou de biais. L'hypothèse est qu’une conscience collective humaine représente cette réalité d’informations capables d’influer un tel système normalement dédié au hasard.
Si une conscience collective humaine existe et qu’elle influe directement sur notre réalité, les données recueillies lors d'événements importants qui suscitent un émoi mondial divergeront des attentes aléatoires.
La restitution des données consignées dans le livre est assez ardue, l’auteur dans un souci évident de crédibilité a préféré les nombreuses précisions méthodologiques et statistiques au confort de lecture.
Néanmoins les résultats apparaissent passionnants.
Ils précisent que lorsque des millions de personnes partagent des intentions ou des émotions similaires, les GNA présentent une déviation de leurs résultats par rapport aux prévisions ordinaires. Cela suggère que l’état psycho émotionnel d’un grand nombre d’individus produit des effets dans le monde physique.
Ceci quelle que soit la nature de cet état. L’expérience est concluante lors de catastrophes, de décès mais aussi de cérémonies, de manifestations culturelles d’envergure ou de méditations planétaires organisées par internet.
Les attentats du World trade center en tête, ainsi que les décès de Nelson Mandela ou Michael Jackson, n’ont pas laissé les GNA de la planète indifférents; tout comme le sauvetage des 33 mineurs chiliens enterrés vivants depuis 17 jours en 2010 ou encore la marche pour la paix et le climat du 21.09.2014.
Les travaux du GCP confirment de façon littérale ce que les sages répètent depuis des millénaires: le monde dit extérieur est directement influencé par l'état de nos intériorités cumulées.
De plus les résultats obtenus indiquent que la variation n’est pas forcément corrélée au nombre d’individus concernés. Ce n’est pas la “masse humaine” qui conditionne la puissance de l’effet mais la cohérence d’état, la résonance intentionnelle entre les personnes et la sincérité profonde des ressentis. 
Les expériences menées lors de méditations à participation mondiale, entre autres, soutiennent cette observation.
Et le lien avec la matière même semble compter aussi. Bien que ces évènements soient anecdotiques et ne puissent, par là même, constituer une démonstration, il est mentionné que par deux fois pendant les 17 années d'expérimentation, des chercheurs impliqués dans le GCP sont décédés. Pour le premier, les deux GNA dont il se chargeait du recueil de données ont montré des déviations significatives. Le second était un des membres fondateurs du programme et c’est le système d’étude dans son ensemble qui a fortement réagi à son départ. 
Nos liens avec la matière semblent subtilement plus poétiques qu’il n’y paraît et la réalité de notre conscience bien plus mystérieuse que celle que l’on vit. 


Une dernière découverte, et à mon sens pas des moindres bien que le livre ne la mette que peu en avant, est que les mouvements de déviation des GNA commencent quelques heures AVANT les événements auxquels ils se rattachent. Ce tissu conscient, cette cohésion subtile de l’humanité perçoit  et répercute les évènements planétaires avant qu’ils n’aient lieu.
L’hypothèse d’une influence de la matière en réaction à un impact humain psycho-émotionnel semble donc incomplète. Celle d’une conscience unique à toute la réalité expérimentée et indépendante du temps et de l’espace (telle que décrite par les traditions spirituelles en général) trouve là un argument de son existence.

 

Quoi qu'il en soit, au bout de 17 ans de recueil de données, la probabilité que les écarts cumulés soient aléatoires est de 1 sur 1 trillion.
L’intrication entre la vie intérieure humaine et la matière apparaît donc bel et bien une réalité.
Plus que “tous connectés”, c’est un “tout connecté” que l’expérience incite à envisager.

 

Alors  à quoi ressemblerait un monde dans lequel un courant de pensées suffisamment partagé serait affranchi de l’idée d’ennemi ? Que naîtrait-il de la fin du jugement, de l’accusation, de la détestation de soi ? À quoi ressemblerait un monde dans lequel les rivalités et les concurrences seraient remplacées par l’amour profond de l’humanité  et son encouragement ?
Avec quelle rapidité ce changement d’état intérieur contaminerait le malheur pour consoler,  adoucir, soulager les indignations et les souffrances de tous ?
Que deviendrait notre espèce si une partie consentait à une amnistie véritable de son passé et de ses erreurs pour exister dans le soutien inconditionnel de la vie ?
Et si la mutation du monde ne tenait qu’à cette profession de foi partagée en nombre ?
Et si la transformation radicale de nos civilisations ne tenait qu’à une idée ?

 

Rencontre WCWA

28/01/2021

Rencontre WCWA

Lettre à Hippocrate

27/01/2021

Lettre à Hippocrate

Hippocrate,

 

On dit de toi que tu es le père de la médecine. Me permets-tu le tutoiement puisque je suis alors l’une de tes petites-filles ?

 

Ton nom réveille en moi un grand respect. Il faut dire que le serment qui porte ton illustre nom marque une étape cruciale dans la vie d’un médecin.
Il fut modifié par la faculté de Montpellier et on ignore si tu en es réellement à l’origine mais peu importe, c’est tout ce qu’il porte de ton héritage qui nous intéresse ici.
Il comporte divers points mais surtout il parle d’intégrité. Et lorsque cette intégrité est mise à mal, un jeu de mot ne peut que s’imposer : « hypocrite ».

 

Intégrité ? Corrige-moi si je me trompe, il s’agit bien du respect inébranlable de la vérité en soi, de notre conception intime du bien commun et du respect d’autrui : faire en toutes circonstances de son mieux avec les données extérieures et intérieures à notre disposition. 
Alors, mon célèbre ancêtre, si tu voyais chacun d’entre nous aujourd’hui, je crois que tu serais fier. Oui, individuellement, je suis convaincue que chacun fait de son mieux avec des données scientifiques changeantes, avec ses expériences empiriques, avec ses croyances, avec son conditionnement, avec ses blessures, avec son élan vers l’autre, avec sa vocation.

 

Si tu étais là pour contempler les avancées des connaissances, tu serais admiratif du chemin parcouru depuis tes premières observations, tu serais curieux de toutes les pistes explorées ou restant à l’être, tu serais fier de tout ce soin porté à l’autre. Et là, je ne parle pas que des médecins : je me plais à croire que tu es le père de tous ceux qui soignent. L’aide-soignante joue sa partition dans un merveilleux don d’amour de proximité. Le rééducateur ne pourra souvent pas guérir mais il a soif d’améliorer les fonctions et de déjouer les limitations. Le thérapeute non médical est là, avec ses méthodes et pratiques que la médecine conventionnelle n’a pas eu le temps, l’énergie, l’envie ou l’intérêt d’explorer. Le chirurgien excelle dans la réparation. Le scientifique ne cesse de chercher…
Et moi, mon immense plaisir au milieu de tout cela, sais-tu ce que c’est ? 
C’est de contempler ta progéniture à l’œuvre. Les soignants depuis toujours me fascinent : eux, leurs relations, leurs patients, leurs « pourquoi » et leurs « comment » …


L’époque depuis laquelle je t’écris pourrait être assez déprimante pour qui souhaite l’harmonie dans le soin. Je t’avoue que si nos connaissances ont centuplé, que la science repousse les limites et que notre envie d’aider notre prochain est intacte, on ne peut pas dire que nous ayons beaucoup avancé vers l’unité et la cohésion. Les dissensions d’aujourd’hui font, comme à toute époque et en toutes circonstances, résonner la défense de ses propres idées. 
Comme je te l’ai dit, chacun fait de son mieux mais le mieux de l’un est le pire de l’autre et inversement. Chacun se persuade toujours d’œuvrer pour le bien commun, le bien de l’un étant le mal pour l’autre et ceci à l’infini.

 

Si tu étais encore là, je veux croire que tu ne choisirais pas de camp et que tu verrais en chacun de nous l’intégrité hippocratique plutôt que l’hypocrisie présumée de notre temps. Et puisque tout est question de regard, alors je m’engage à suivre cet exemple. 
Si désormais je peux te voir - toi Hippocrate et ta vertu - derrière les yeux de chacun de mes confrères, alors j’aurai modestement rempli ma part pour contribuer à apaiser les divisions de mon époque. 

L'instabilité des certitudes

22/12/2020

L'instabilité des certitudes

Les vertus d’un principe thérapeutique ne sauraient garantir l'innocuité de son utilisation.
Les antibiotiques efficaces en cas d’infections bactériennes sévères favorisent la prolifération d’agents pathogènes intraitables s’ils sont utilisés en excès. 
Les anticoagulants qui sauvent des vies dans de nombreuses indications, causent aussi la mort lorsqu’ils sont mal employés de même que les antidouleurs, qui soulagent certes, mais tuent tout aussi bien.
Même celui qui ne boit que de l'eau, peut provoquer sa mort s’il le fait en très grande abondance (on parle alors de potomanie). 
La Vie se caractérise par sa nécessité permanente d’équilibre.
Tout ce qui méprise cette réalité y est ramené avec la même violence qu’elle s’en est éloignée.
Le seul dogme de santé pérenne est celui de l'équilibre.
Or, par définition, il n’y a pas de principe thérapeutique efficace qui soit neutre et qui donc n'entraîne pas une certaine forme de déséquilibre paradoxal.
Dès que l’on intervient on modifie et dès que l'on modifie, on soulage peut-être mais on perturbe aussi. 

 

C’est pourquoi soigner est un art. 
Soigner ce n’est pas appliquer des validations scientifiques au motif qu’elles ont été expérimentées. C’est composer avec l'inimaginable capacité de la vie à rendre chaque situation unique, chaque circonstance nouvelle et éphémère, chaque personne innovante. Soigner c’est combler le gap entre la moyenne statistique, la stabilité du modèle et l’incessant imprévu du vivant. C’est dégager la combinaison optimale pour que les vertus présentes ou escomptées soient conservées au cœur du chaos du quotidien.
Car aucune étude ne peut rendre compte de la réalité évolutive et non reproductible de la Vie. Aucune étude ne peut prendre en compte l'état instantané du sujet traité, de son environnement, de ses habitudes, de ses influences de vie, de ses forces du moment et de ses fragilités de l’instant. 

Un principe thérapeutique est comme son nom le stipule un principe, c’est-à-dire une théorie qui se valide selon des règles et des circonstances d’utilisation. 
Lesquelles changent en réalité constamment. 
Parce que personne n’est le même ne serait-ce que d’un jour à l’autre, parce que le monde ne l’est pas non plus, ni les climats, ni les populations, ni les gènes, ni les traditions culturelles, ni les croyances profondes, ni les envies ou les motivations de l’instant. 
La science dilue l’influence de ces paramètres subjectifs par le nombre afin de pouvoir obtenir des résultats qu’elle estime objectifs. Elle part du principe qu’ils se lissent dans l’échantillonnage. 
Ce n’est que relativement vrai. Un échantillonnage ne saura que s’approcher de la variabilité des individus puisqu’il ne les contient pas tous. Et un échantillonnage représente une tendance momentanée, fixe dans le temps mais qui est elle aussi susceptible d'évoluer. En réalité, nombre de ces études ne sont reproductibles que dans la théorie. 
Car même la réalité organique change. 
Les sens s'exacerbent, les sensibilités se développent ; les génomes se modifient, les tolérances varient, les environnements influent ; les dérèglements s'additionnent.
L’art du soin, lui, se focalise sur cette instabilité. Il s’adapte, invente, évalue, essaye, recommence jusqu’à trouver, de concert avec celui qui se vit, la plus juste combinaison pour lui.
On ne soigne pas avec des principes thérapeutiques, on s'appuie sur eux avec la mission de s'adapter à l'éternelle dynamique des existences. 
Car la Vie ne s’arrête jamais d’être transitoire.
Ne soigner que depuis des principes c’est l'oublier ainsi que les innombrables fois où ils ont dû être remis en cause. 

 

Et il n’est pas injurieux vis-à-vis de la science médicale de se le rappeler. C’est la garantie de son humilité. Alors si l’on est enclin à l’inflexibilité, à trop aimer nos certitudes, rappelons que - pour ne citer que ceux-là - la thalidomide, le distilbène, le Vioxx, le dextropropoxyphène ou encore le mediator ont été retirés avec plus ou moins de fracas après des dizaines d’années de distribution. 
La réalité se révèle avec le temps, parfois même seulement au travers de nos descendances.
Entre 2001 et 2010, la médecine a inversé 146 fois ses recommandations, c’est-à-dire que ce qui était conseillé a été invalidé à 146 reprises par la suite pour être finalement désapprouvé. (*)
C’est peu au regard des milliers de recommandations en vigueur, c’est énorme si cette science se revendique comme certaine.
A contrario, l'arrivée de la levofloxacine dans les années 2000 a divisé par trois la fréquence et les temps d’hospitalisation des bronchiteux chroniques.
Les innovations d’aujourd’hui sont autant les succès du siècle que les drames de demain.
En matière de santé, soyons inventifs mais, de grâce, épargnons-nous l’offense du prosélytisme et de la marche forcée. Épargnons-nous la morgue de certitudes qui ne peuvent être que mensongères. 

Quand l’erreur se révèle, la sincérité et le respect restent les seules protections de nos âmes. 


  (*)  “ le pouvoir de Guérir ” de Michel Raymond - directeur de recherche au CNRS et responsable de l’équipe Biologie évolutive humaine à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier.

Comment ça « conscientiser mes chakras » ???

17/12/2020

Comment ça « conscientiser mes chakras » ???

Les approches des médecines « énergétiques » nous invitent à être consciemment connectés à certains centres de circulation d’énergie classiquement appelés les chakras. 
Pourtant, ne pas avoir conscience d’un centre énergétique ne signifie aucunement que celui-ci ne soit pas parfaitement à même de laisser circuler l’énergie. Il semble que nous puissions très bien vivre et fonctionner physiologiquement sans aucune connaissance de l’existence de ces centres, ces « points » de concentration et/ou de circulation énergétique. Il y a d’ailleurs en occident beaucoup d’individus qui - sans aucune connaissance de ceux-ci - vivent avec une circulation énergétique des plus fluides et se considèrent en excellente santé.  On peut alors se demander quel est l’intérêt de porter son attention consciente sur ces centres énergétiques… 


Tout cela est à remettre dans un contexte socio-culturel. En effet, l’Occident s’est longtemps contenté de la classique définition des 5 sens tournés vers les informations environnementales extérieures, oubliant les sens dits « internes ». Aujourd’hui l’intéroception fait l’objet d’une attention toute particulière. 


Intéroception signifie littéralement saisir(-ception) l’intérieur (intero). L’intéroception nous informe sur l'état de notre propre corps. C’est la capacité à prendre conscience des sensations corporelles et réponses physiologiques. On peut dire qu’elle est la capacité de communiquer avec son organisme. Évidente pour la soif ou la faim, elle l’est pourtant beaucoup moins pour des signaux plus subtils qui passent souvent inaperçus. 
Son étude est réhabilitée depuis une vingtaine d’années, notamment dans les neurosciences, la psychophysique, la psychologie des émotions, l’apprentissage et le biofeedback. L’interoception est supposée jouer un rôle majeur dans l’émergence de la réponse anxieuse (par un manque de cohérence entre l’activation physiologique objective et son ressenti subjectif ) et dans le maintien d’un état corporel d’homéostasie. La prise de conscience de nos états internes influence par ailleurs les processus cognitifs de haut niveau et régule l’expérience émotionnelle. Il existe également une relation entre la conscience intéroceptive et la magnitude de l’expérience émotionnelle (les personnes qui perçoivent leurs signaux corporels avec plus d’intensité expérimentent également plus intensément les émotions) . Les perturbations des capacités intéroceptives s’associent alors au développement et/ou au maintien de certaines difficultés psychologiques (plusieurs états psychopathologiques, incluant les troubles alimentaires et les troubles du spectre de l’autisme, se caractérisent par des difficultés à discriminer et à interpréter les informations en provenance du corps). L’information intéroceptive est traitée notamment au niveau du cortex insulaire, une aire très profonde située dans la partie latérale du cerveau qui se charge de réguler des processus comme la conscience de nos émotions et les sensations corporelles.


Notre corps est en effet constitué de connexions, de récepteurs, de cellules et tissus qui sont source de messages que nous avons peu l’habitude de prendre en considération. 
Pourtant ces signaux transmis par nos intérocepteurs peuvent nous aider à agir de manière plus saine au quotidien. La « conscience » des signaux internes requiert trois étapes consécutives : la perception au niveau cérébral des signaux en provenance du corps via les viscères, l’orientation de l’attention vers ces signaux et enfin l’évaluation cognitive et la prise en compte de ces signaux avec l’influence sur le comportement et la prise de décision (feed-back intéroceptifs). L’intéroception est ainsi liée à une meilleure prise de décision intuitive.


De plus, la sensibilité aux signaux corporels permet d’être plus conscient et attentif à nos réactions automatiques et de s’en libérer plus facilement. Ainsi, une bonne intéroception offre un accès à une meilleure maîtrise de soi. On peut également citer une étude réalisée en 2011 par le psychophysiologue Hirokata Fukushima mettant en évidence le lien fort entre cette fonction intéroceptive et l’empathie.


Enfin beaucoup d’entre nous – qui portons pourtant une grande attention à notre hygiène de vie (nutrition, soins…) - sommes souvent peu attentifs à l’écoute consciente des signaux corporels internes. Tout comme les athlètes qui font souvent preuve d’une grande finesse dans l’analyse de leurs ressentis, cette écoute nous aiderait aussi à soutenir notre santé en comprenant ces indicateurs qui, parfois, nous préviennent d’un déséquilibre latent avant la survenue d’un épisode pathologique. 


Des pratiques comme la Mindfullness permettent de renouer avec ces sens « internes »… Habiter et comprendre son corps relève d’un art avec lequel l’occident renoue progressivement. 


Ainsi cette invitation des médecines dites « énergétiques » à conscientiser des centres d’énergie (les chakras par exemple) est donc probablement la traduction avec « un autre vocabulaire » d’une intéroception très développée issue des contrées orientales habituées à moins disperser l’attention à l’extérieur au profit d’une vie intérieure plus riche.

 
Bien sûr, il n’est pas question ici d’avoir conscience de toutes les particules de nos corps. Il serait certainement difficile pour nous de ressentir individuellement chaque signal. La question est plutôt de concevoir si nous occultons volontairement ou involontairement (au sens d’inconsciemment) des signaux internes potentiellement perceptibles. 


Mais surtout développer cette écoute intéroceptive participe à cette sensation de santé globale, cette espèce de « joie cellulaire » qui se répand et se communique en nous et à travers nous. Il ne s’agit pas d’une joie mentale déclenchée par des mots ou par l’idée de la joie, elle est corporelle, organique, « viscérale ». On peut la décrire comme une chaleur diffuse ou un pétillement dans l’ensemble du corps qui donne l’impression de reprendre contact avec chaque particule oubliée de notre organisme. De la même manière que lorsque nous écoutons une œuvre qui nous touche particulièrement ou que nous contemplons la nature, c’est in fine à cette joie purement corporelle que la voie de l’intéroception nous amène. 

Médecine et Santé, aujourd'hui, et demain ?

02/12/2020

Médecine et Santé, aujourd'hui, et demain ?

Parfois, j’entends dire que la médecine moderne est froide, technique et déshumanisée, les prises en charge sont morcelées et laissant le patient solitaire.
Ce que je ressens, c’est que la médecine est à l’image de la société, elle-même à l’image des individus qui la constituent.
Qu’est ce qui ferait que des êtres humains animés de l’intention d’être au service de la vie à travers le soin se retrouveraient dans un tel écartèlement entre leurs intentions et leurs actions ?


La médecine moderne est noyée dans les protocoles, l’administratif, la peur du médico-légal. Ces contraintes « qualité » coûteuses en temps ont asphyxié les praticiens de santé qui travaillent à effectif constant.
L’hôpital est devenu un lieu de rentabilité. Le patient y est une source de revenus. Cette mutation s’est faite avec l’accord tacite de tous. Tout à l’hôpital public est désormais soumis à l’administration. Les possibilités d’innover humainement y sont très faibles car la ressource est saturée de travail et en perte de sens. Tout est toujours plus rapide et efficace


Les structures de santé sont devenues des structures économiques mêlant technique et productivité où le facteur humain intervient peu. Sans vigilance, les médecins (comme tous les autres acteurs) peuvent y devenir des prestataires de services. Au fur et à mesure du temps, ils n’ont plus le choix des moyens humains et ni même techniques à leur disposition. La médecine dite de ville, reste un rempart de proximité d’offre de soin. Elle n’échappe pourtant pas au système.


Comme la société en pleine mutation, le soin, la médecine, la santé sont des concepts humains qui méritent une attention particulière. L’expertise des acteurs de la santé est importante dans leur re-définition. Nous devons nous ré-approprier ces notions et laisser transparaître ce qui nous anime au travers des pratiques. Après avoir expérimenté l’aseptisation administrative et technique du soin, veillons à retrouver le sens de notre engagement et le partager. 
Notre défi est de faire vivre une médecine plus novatrice, plus ouverte à d’autres pratiques, plus humaine, plus précoce et plus lente. 


Pour cela le monde médical, les médecins ont besoin de se défaire de certains fardeaux obsolètes
    Les enjeux égotiques de pouvoir et de reconnaissance sont souvent contraires au bien commun. À nous d’être vigilants et d’éclairer les résidus d’expression de ces schémas. 
    Les progrès médicaux des trente dernières années ont laissé supposer que nous parviendrions à une toute-puissance curative dont on voit bien aujourd’hui qu’elle n’est qu’illusion. 
    L’addiction au travail, la culture de l’oubli de soi dessert l’ensemble du «corps soignant». Bien souvent, nous nous refusons ce que nous prescrivons à nos patients. 
    L’evidence based médecine et les recommandations des sociétés savantes, si utiles, ont peut-être pris trop de place. En réalité, la médecine est un art qui nécessite autant d’intelligence rationnelle qu’émotionnelle, autant de savoirs que d’intuition. Le tout rationnel nous prive peut-être d’une saine curiosité pour d’autres techniques. Osons étudier et développer un panel d’outils différents voire très différents de ceux que la faculté nous enseigne, sans sacrifier notre esprit scientifique. À nous soignants d’accompagner et de laisser éclore les praticiens de demain. 


Quels moyens la société est elle prête à mettre en œuvre pour que nous puissions agir et chercher dans cette direction ? La ressource humaine des soignants ne couvre actuellement pas les besoins nécessaires à la simple écoute. Cette mutation ne pourra se faire sans une volonté commune.


Quelle définition pour la santé ? Le concept de santé est encore trop souvent confondu par certains comme l’absence maladie ou de handicap. La santé peut encore être considérée comme un capital soumis à l’inexorable oxydation temporelle. En réalité, la maladie appartient à la santé. Elle est la phase terminale d’un déséquilibre qui conduit à un nouvel état d’équilibre. 
Selon l’OMS la santé  est un « état de bien-être physique, émotionnel, mental et social ». Alors le soin ne peut être qu’individuel. Un individu au sein d’un environnement, au sein de l’écosystème humain. Qui que nous soyons, nous sommes donc tous soignants puisque participant par nos comportements à construire l’environnement dans lequel nous vivons. Chacun est donc responsable à titre personnel dans la relation avec le corps, les émotions, les pensées, et,

à titre collectif : comment j’interagis avec le monde et ce que je lui offre. 
Les composantes physiques individuelles (biologique et génétique) sont d’ailleurs elles-mêmes soumises aux facteurs environnementaux. L’intérieur et l’extérieur interagissent et s’accordent. 
En tant que soignant, notre champ d’action ne se limite pas à la simple recherche et prise en charge d’une pathologie objective. Une des questions essentielle est : Voulons-nous vraiment participer à la promotion d’une santé globale, physique émotionnelle et mentale ? 


Bien avant la maladie elle-même, il y a un univers mal exploré. La médecine préventive balbutiante cherche dans cette voie. Elle est peu investie par les médecins car moins reconnue et peu lucrative. (C’est un des paradoxes du système de santé rémunéré à l’acte). C’est pourtant vers elle qu’une part du corps soignant devrait pouvoir concentrer son énergie pour intervenir de manière plus fine, plus douce, plus précoce. Finalement, pourrions-nous nous donner pour objectif d’être toujours plus précoces, vers la source du déséquilibre physiologique ? Il s’agirait ici d’une physiologie non normative mais propre au patient, incluant son code de base, sa normalité propre. Où commence la médecine préventive?


La frontière entre santé et maladie est floue, car elle est aussi individuelle. Le patient est donc l’acteur principal de sa santé. Chacun à titre individuel doit se relever et investir ces questions dans un esprit ouvert et une autoanalyse sincère. Quel patient suis-je ? Quelles sont mes attentes ? Quelle est ma responsabilité dans ma relation avec mon corps ? Qu’est-ce que la santé ? Comment suis-je acteur de ma santé ? De quelle médecine ai-je réellement besoin ? 
En effet, on ne peut vouloir tout et son contraire. Le tout sécuritaire induit une médecine froide et procédurale. Le déni de mort induit l’acharnement thérapeutique. La consommation médicale anxieuse non responsable surcharge le système de santé. L’exigence d’instantanéité sature le système. L’exigence de résultat est aussi source d’erreur. Le jusque boutisme organique conduit à une multiplication des examens complémentaires et au nomadisme médical.


Pour moi, qui suis à disposition dans cette interface de soin, mon challenge est de participer à ce que chacun soit si responsable de sa santé que mon intervention deviendra inutile. 

Présentation de WCWA - émission radio

17/11/2020

Présentation de WCWA - émission radio

 

Émission "Les passages, entendez-le comme vous voulez" enregistrée mi-octobre et diffusée le 2 novembre 2020 sur IDFM.
J'y présente l'association WE CARE WE ARE au micro de Céline Dupuy, en compagnie de Sylvie Dezeustre.

 

 

Octavia · IDFM nov 2020 - Formesantebienetre - Dr Plouvier

Sans frontière

15/11/2020

Sans frontière

Les émotions se présentent, selon les circonstances, avec plus ou moins de puissance et d’envahissement. 
Elles sont une force émergente qui devient consciente à travers leur impact dans le corps.
Le cœur amoureux « bat la chamade » ou est « est au bord des lèvres » lorsqu’il est révulsé. « Le souffle est coupé », « le sang qui ne fait qu’un tour » ou encore « le cœur est en berne » lorsque les peurs sont vives et les peines profondes. 
Bien qu’invisible, le courant de l’émotion peut être intensément perceptible.

Ceci nous définit comme une entité au sein de laquelle corps, mental et émotions ne cessent jamais leurs concordances, tant dans un sens que dans un autre. 
C’est bien connu en médecine comme ailleurs. L’activité physique améliore l’humeur et une respiration calme apaise les angoisses.
Pharmacologiquement, les antidépresseurs peuvent être prescrits pour calmer les douleurs et c’est la puissante décontraction psychique des opioïdes qui induit des toxicomanies.
Soulager le corps modifie nos humeurs et réciproquement.
Les frontières entre corps, mental et émotions ne sont donc qu’un concept sans réalité. De même que l’eau peut être gelée, liquide ou gazeuse, ils ne sont qu’une seule et même entité sous différents états.
La maladie, qui signe un défaut d’harmonie, comporte donc toujours des idées dysfonctionnelles et un magma émotionnel toxique lié aux déséquilibres physiques. 
Chez le douloureux chronique la composante dépressive est quasi constante, chez l’endeuillé les manifestations physiques sont innombrables.
Chaque état comporte des “symptômes” dans les différentes sphères de perception. Une peine s’accompagne par exemple d’idées mélancoliques, d’anorexie et de troubles du sommeil. 
Rien n’est séparé, tout est résonnant. À tel point qu’il est bien présomptueux de désigner le mouvement premier. Savoir si la complexité émotionnelle est la conséquence du désordre physique ou l’inverse introduit de nouveau des concepts incertains.

L’intrication est totale et il est souvent judicieux d'emprunter des chemins multiples pour libérer les composantes d’un déséquilibre.