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Au-delà des déséquilibres récurrents

18/06/2022

Au-delà des déséquilibres récurrents

Par Agnès Ollivier MK

La web-rencontre sur la maladie chronique a été encore un beau moment d'échange au service d'une vision plus ouverte et plus apaisée des maux humains. J'ai envie par ce texte, de vous partager ma synthèse d'une nouvelle compréhension des problématiques dites chroniques.

Qu'est ce qu'une maladie ?
La maladie peut être vue comme un mauvais état, un état de déséquilibre ou une dysfonction qui semble amenuiser par ses symptômes les potentiels du moment.

Quand ce déséquilibre devient-il chronique ?
Le temps s'invite dans l'équation quand le vécu des malaises ou des dysfonctionnements organiques deviennent récurrents. Par des mémoires aussi bien cognitives que cellulaires, les épisodes semblent se répéter. Ce semblant de répétition à l'identique est un premier biais, car les symptômes sont en fait chaque fois différents dans leur intensité, dans leur localisation ou dans leur vécu.
La mémoire est aussi vecteur de comparaison et d'attentes avec une exigence des objectifs d'actions à mener, aussi bien chez la personne porteuse de gêne que chez les soignants. Au lieu d'adhérer à des programmes de fonctionnement pré-établi, et si chaque jour était une occasion neuve de rencontrer une nouvelle information en soi, sur soi.

Présenter ainsi le sujet a permis de percevoir plusieurs points de vue à ouvrir aussi bien pour la personne qui vit des maux récurrents que pour les soignants qui l'accompagnent. Cette nouvelle perception invite à devenir plus présent et de ce fait vigilant sur la manière de rencontrer et de partager l'information perçue comme maladie chronique.

 

Pour lâcher les exigences d'un vécu parfait, il serait bon de se demander : qui n'a jamais senti de déséquilibre, de non alignement, un sentiment de restriction, de manière plus ou moins récurrente ? 

On peut, peut-être, accepter que vivre avec un sentiment d'être amenuisé est courant dans la vie sur terre. L'enjeu de ne jamais se sentir restreint devient de ce fait obsolète du fait de notre condition humaine. L'invitation est peut-être de percevoir le mouvement de ces vécus comme révélateur de mouvements du vivant.

Dans ce sens, la proposition est de rencontrer le champ des possibles dans sa dimension infinie et éternelle tout en accueillant les fluctuations à l’œuvre dans la sphère des possibilités dans le temps et dans l'espace. Inviter à rencontrer le champ des possibles revient pour un soignant à incarner l'information que tout est possible au niveau vibratoire, par sa présence. Par cette ouverture incarnée, les informations partagées dans la dimension perceptible par des mots et des actions sont teintées de cette certitude. Alors le diagnostic posé, les indications proposées n'enferment plus la personne dans sa sphère de possibilité d'apparence restreinte.

 

Ce changement de paradigme passe par lâcher les références à ce qui devrait être, par lâcher les égrégores de croyances accolés au diagnostic. Le diagnostic (même simplement celui auto-proclamé de vécu chronique, de restriction) vient avec un flot d'information sur le pronostic, sur qui est possible, sur ce qui n'est pas possible. Cette étiquette quand on l'accroche est ainsi porteuse de croyances qui encouragent la restriction. Ces croyances sont actives autant dans la sphère bio-médicale par une projection sur les possibilités physiologiques attendues que dans la sphère holistique avec des idées sur certaines causalités à libérer. Les idées de toujours et jamais se faufilent dans les projections de l'imaginaire de tous les acteurs de soin. Une personnes qui vit une série de symptômes est unique. Pourquoi son vécu passe par expérimenter ces symptômes ou certaines restrictions de possibilités, est chaque fois une nouvelle invitation de la conscience. Cela peut-être une occasion de rencontrer le champ des possibles en dépassant le panel d'informations conscientes et inconscientes véhiculées par les mots et les projections posés sur son vécu. 

 

Et si, tout n'était qu'une odyssée de la conscience qui invite chacun à habiter sa présence, à accéder au champ des possibles et à investir pleinement le vivant à chaque instant.

 

Certes certains symptômes peuvent être des indicateurs, des informateurs, plus ou moins exigeants, de l'état d'alignement des différentes dimensions de l'être. Les observer comme les marqueurs du besoin de prendre soin de certaines dimensions de soi (dimension physiologique, psychologique, émotionnelle, énergétique, spirituelle ...) peut faciliter la connaissance de soi.
Et si apprendre à mieux percevoir ce qui nous met en joie et ce qui nous en éloigne était l'invitation de ce type de vécu.
Et si au lieu de vouloir lutter contre ses maux, vouloir les solutionner et se libérer de ce qui restreint, chacun faisait grandir ce qui le met en joie et qui le rapproche de la pleine expression du mouvement de sa vie.
Et si au lieu de se couper de soi-même, de s’exiler de son existence par la focalisation sur son impuissance, l'invitation était d'accueillir avec bienveillance, patience et tendresse ce qui demande à être rencontré pour construire un pont vers soi-m'aime.


Il est notable qu'être en présence, porté par la joie et l'enthousiasme de vivre, ouvre des sphères de possibilités si vastes que certains symptômes ne sont plus perçus. En présence, les mémoires s'estompent, les croyances tombent et seuls les élans de vie, d'amour et de joie guident les actions. Cet état peut aussi devenir soignant parce qu'il est porteur d'alignement mais aussi de tant de forces du vivant à l’œuvre.

Et si la maladie chronique n'était qu'une odyssée de la conscience vers plus de présence, vers un regard qui dépasse les étiquettes et s'ouvre au champ des possibles ainsi qu'un accueil chaque jour renouvelé à ses élans de vie afin de suivre régulièrement sa joie.