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Bilan et projets

17/09/2021

Bilan et projets

Chers amis et adhérents bonjour,


Nous avons eu la joie de tenir hier l’assemblée générale de notre association Wecareweare qui fête sa première année d’existence.
Nous vous remercions d’avoir été si nombreux à y participer.
Durant la session nous avons fait le bilan de l’année passée, pour laquelle les bilans (moral et financier) ont obtenu le quitus. Il a aussi été voté un lissage du statut de tous les membres adhérents et l'élargissement du bureau à six, afin d'intégrer un représentant de chacun des collèges initiaux, à savoir celui des thérapeutes et accompagnants ainsi que celui des sympathisants.
Il a été précisé que le nouvel appel à cotisation sera émis à partir du mois d’octobre.


Nous avons également fait le point sur les échanges de l’année, leurs bénéfices et leurs améliorations possibles, ainsi que le premier outil labellisé de l’association. Il s’agit d’un guide pratique d’accompagnement au dépassement des peurs, fruit de nos réflexions d’ensemble et rédigé par Guénola Mainguy.
Ce guide est mis à disposition sur le site de l’association et en téléchargement libre pour tous ceux qui le souhaitent.

       >>> ici le livre blanc

Nous avons également évoqué les projets pour l’année à venir.

Le souhait principal qui dicte l'ensemble de nos orientations est celui du renforcement de nos échanges, afin que l’association s’anime pleinement du partage des visions et des expertises de chacun. Nous souhaitons ainsi largement favoriser la prise de parole de tous en démocratisant l’animation de nos rendez-vous mensuels.
Nous proposons en outre la création de trois groupes de travail distincts intégrant un membre du bureau et les adhérents qui le souhaitent. Chaque groupe représente une force de proposition pour établir sur les thèmes choisis un travail de synthèse des problématiques et solutions.


Le choix des sujets s’est porté initialement sur :
Groupe 1- La relation de soin : comment établir une relation pour embrasser un partenariat véritable ?
Groupe 2- Mon asso et moi : analyser et promouvoir l'engagement actif des membres. Mettre à disposition les outils nécessaires à celui-ci.
Groupe 3- Équilibrer sa vie : Comment réenvisager sa disponibilité pour une vie qui soit l’expression de soi ?

 

Un appel à candidature est lancé auprès de chaque adhérent pour participer à la thématique qui l’inspire. Les contributions peuvent être transmises ici >>> contact

 

Nous gardons l’idée et l’envie de l’organisation d’une prochaine rencontre en présence mais attendons que les contraintes imposées soient suffisamment allégées pour permettre une réunion amicale et chaleureuse.

Nous vous remercions vivement pour cette année écoulée et faisons le vœu que celle qui vient voie la confiance et l’émulation collective se développer.

 

Avec notre enthousiasme et notre gratitude, 
Le bureau. 

Peurs

05/08/2021

Peurs

Un dimanche, j’avais peur, une peur sans raison apparente. En n’y prêtant pas attention cela aurait pu se transformer. C’était juste un petit changement d’habitude, une nouveauté dans le paysage de ma vie. Quelque chose de très naturel qui laissait transpirer l’attachement de la mère à l’enfant. 
J’aurais pu me détourner de cette peur de perdre, en me distrayant, ou tenter de la donner à quelqu’un. Mais ce n’est pas ce que je veux.
 
Avez-vous remarqué comme la parole, les gestes peuvent être des moyens de partager « son mal-être », de le diluer ? L’angoisse, la culpabilité, la tristesse, la douleur peuvent être confiées.
Parfois, il peut être salvateur de s’en remettre à l’autre. D’autres fois, la discussion permet de s’entendre à travers l’autre et de se retrouver. Enfin, en s’observant, on peut voir les réflexes qui, sans vigilance, font surgir des mots, des gestes, et engager un mouvement contraire à ce que nous voulons. Là, nous ne pouvons plus nous raconter être victime de la vie, ou trouver des circonstances atténuantes. C’est là qu’intervient la déprogrammation.
 
Quoi qu’il arrive dans notre expérience, il est bon d’observer. Comment se manifeste une pensée, une émotion, une sensation ? Quelles réactions surgissent ?

Il n’aura échappé à personne que l’expérience covid secoue la peur.  Elle la rend plus visible. Et c'est peut être sa principale fonction. Parfois la peur n’est pas vue par la personne et est directement projetée sur l’autre. Parfois son accueil est impossible, différé et d’autres émotions prennent le relais. 

Les facteurs déclenchant des émotions sont liés à l’histoire, à la mémoire de l’individu. Le contexte de survenue de la peur est peu important. Chacun dispose des meilleures circonstances pour vivre ce qu’il a à vivre. Aucune comparaison des histoires n’est adéquate, même si elle est tentante. À chacun son lot de peur.
Comme l’écrivait Sophie Mainguy, une peur est une peur. Elle n’a pas de taille ni de substance . Ce que nous percevons, c’est l’intensité engagée à lutter contre.  
 
L’attachement, par exemple, peut aussi bien s’expérimenter au travers de la relation à un parent proche, un animal, un objet un lieu. Peu importe, c’est juste de l’attachement. Ce qui est vraiment courageux, c’est laisser « l’autre » libre de vous-même. 
  
De la même façon, il peut exister un attachement aux idées et aux peurs. Ainsi, avoir peur d’être seul, permet de justifier toutes sortes de relations de dépendance qui devront disparaître une fois la peur reconnue.  Concernant les idées, cela est plus subtil. Toute définition fait naître son exact opposé. Les idées de justice et de liberté s’accompagnent de leurs opposés l’injustice et l’oppression. Lorsque je définis,  je cloisonne. 
Au travers de nos idées, nos principes, aussi nobles soient-ils, nous pouvons être très rigides. La référence est le point de départ du jugement. C’est la chaîne que l’on s'attache.

 


La réponse juste aux évènements est naturelle et ne provient pas d’une réflexion, elle est libre du passé et dénué de jugement. 

 


Si notre cœur est la réponse et il est aussi pure compassion.  Rappelons-nous que lorsque l’autre semble se tromper ou paraît perdu, c’est aussi qu’il est en train d’essayer de se trouver. Chacun fait de son mieux.

 


J'ai aussi remarqué qu’il pouvait y avoir des freins au mouvement naturel de la vie. Nous voulons retenir ce qui est obsolète et ne nous convient plus. Ce peut être de petites choses, par habitude personnelle. Seulement nous ne sommes pas nos habitudes n’est-ce pas ?  
 
Nous voulons conserver la définition de nous-même intacte, par peur de disparaître.  
Tout ce qui nous touche directement est alors important. Plongez dans la proximité avec intensité et particulièrement avec ce qui est irritatif.
 
Notre état naturel est calme et sans question. Nous sommes l’immensité qui observe le changement. 
 
Demeurer AVEC le doute, les embûches, les contretemps, les impasses, le bruit, les épouvantails, les fantômes, et ne pas se distraire et s’en détourner. Jusqu’à ce que l’idée même de l’erreur se dissolve.
  
L’intérieur et l’extérieur sont synchrones. Dans cette connaissance, la lecture du monde change. L’attention est non focalisée, globale. Ce qui est important devient visible.  

 


Ce qui m’est venu donc ce dimanche, dans cette expérience de l’attachement, est la liberté.  
J’ai longtemps cherché la manifestation de la liberté que je ressens. En réalité, c’est ce que je suis.

La liberté me regarde et je la regarde à travers toi. 

 

Lien vers le livre blanc WCWA sur les peurs

 

L'adulte

23/07/2021

L'adulte

Cette semaine, j’observe la coexistence des points de vue qui font que chacun évolue dans son univers. 
Devenir adulte nécessite un minimum d’expériences existentielles afin de se découvrir et gagner en autonomie. Cela peut prendre toute une vie. 


La relation à l’autre est un moyen pour nous aider à grandir. La discussion est un puissant atout pour grandir, on peut aussi parler de moyen thérapeutique si l’on se considère comme malade. 


Goûter à la discussion, c’est d’abord écouter. Il me plaît d’entendre ton avis et voir par ton aide ce qui est dissonant.
La discussion est donc le recueil du point de vue de l’autre depuis un espace ouvert et attentif. Si des épines réactionnelles sont en place, sans vigilance de notre part, il y a fermeture. Cela bouche les oreilles, obscurcit la vue, et polarise les circuits neuronaux vers l’interprétation. 


Qui dit sujet sensible dit vigilance accrue !


Pour dégripper ces fermetures et recueillir l’autre librement, il faut …. le vouloir ! La condition préalable est la connaissance assimilée que notre point de vue du moment n’est pas la vérité.  Elle est parmi la multitude, sans plus de valeur qu’une autre. Pourtant, personne ne doit renoncer à sa vision car tout coexiste.


Dans cette ouverture, la discussion permet de mettre au jour de nouvelles perspectives, mettre en lumière ce qui est en réaction, et souvent, se rejoindre sans compromission.
En matière de communication, utiliser la manipulation, l’argumentation et l’influence est contreproductif et déloyal pour qui prétend vivre librement. 


Si par exemple, l’autorité est jugée déloyale ou la contrainte trop forte alors il y a rébellion. La rébellion est une résistance. Tant que nous tenons à être rebelles, nous maintenons en place les mécanismes qui donnent corps à cette rébellion. La rébellion n’est pas liberté. Le rebelle est en lutte; l’adulte est souverain et en pleine conscience de sa responsabilité dans chaque processus et en accord avec le monde.


Le positionnement de chacun ne nécessite aucune argumentation en soi (c’est-à-dire ni pour soi ni pour les autres), il est évident. Si l’on observe bien, à tout moment l’explication suit l’évidence, la réaction émotionnelle également. L’évidence est instantanée et mouvante. 


Ainsi chacun peut changer de direction, sans raison.

Tout peut changer de direction sans raison, la vie elle-même.


Ce qui m’est apparu depuis quelques mois, c’est que rien n’obéit à la logique mentale dans cet événement mondial aux milliards de facettes. Raisonnez et vous ne trouverez pas.  C’est ce qui déstabilise la plupart d’entre nous. Nous croyons savoir et comprendre mais en réalité nous ne maîtrisons rien. Nous courons derrière des chimères. La vérité s’impose à nous. 


Ce n’est pas que le raisonnement logique doive être jeté aux oubliettes, mais il paraît dépassé, désuet et ne reste utile qu’aux procédures et tâches pratiques. La quantité d’informations à traiter par une méthode logique est trop grande et trop instable selon les observateurs pour qu’elle puisse obéir à une analyse logique. C’est juste impossible. S’y risquer c’est se perdre. En réalité, encore une fois, la réponse est dedans. 


Chacun devrait être responsable de ce qu’il pense ou croit penser ainsi que de ce qu’il ressent. Notre attachement aux idées et aux principes, nous coupe de l’essentiel. Notre réticence à vivre les émotions et/ou notre dépendance à les sentir nous rendent aveugle. L’émotion est transitoire, informative et trouve naissance en nous, pas à l’extérieur.


Tout en nous est transitoire. 
La vie elle-même transite dans ce corps. 


Le désir est le maître de l’action. À nous de dévoiler, assimiler et de mettre en cohérence tous ces états du moi contraires à notre désir. Car au fond chaque être humain souhaite se vivre pleinement en harmonie avec le monde. Pourquoi ne pas investir l’énergie dans ce qui nous anime ?


Par la pleine observation de ce qui, en nous, cherche à diviser, polémiquer, victimiser, nous nous rassemblons en nous-même et cessons de nous disperser et de nous projeter à l’extérieur. C’est la commedia del Arte intérieure.


Sans aucune censure et avec discernement, nous pouvons reconnaître ce qui est vrai et choisir de nourrir ce que nous ressentons être réel.


L’amour et la fraternité ne peuvent s’exprimer vraiment que depuis un espace dénué de concepts, de postures ou d’opinion. Il n’y a pas de raison pour aimer. J’aime t’aimer et j’aime ne pas t’aimer.


Nous entrons je l’espère dans l’âge adulte vers l’autonomie et la responsabilité, où l’expérience contraignante devient le lit de la liberté. 

Icône du vivant

16/07/2021

Icône du vivant

Frédérique Lemarchand pousse le principe, le concept de la résilience dans sa réalité la plus vivante.
Atteinte d’une cardiopathie congénitale, elle est condamnée par les statistiques médicales à ne pas aller au-delà de ses quatorze ans. Passé cet âge, elle s’en remet “au grand semeur de destinées” et cultive le rêve de ses aventures par dessins interposés.
Elle va attendre 20 ans avant de recevoir à 34 ans la transplantation coeur-poumon qu’elle nécessite. Vingt années durant lesquelles, oscillant entre aggravation terminale et résurrection miraculeuse, elle est le témoin des possibilités spectaculaires de sa physiologie.
Au décours de l’intervention en 2012, elle vit une mort clinique et un coma qui durera 40 jours. Elle en revient avec le souvenir de la réalité de l’éternité, celui du bain de sa conscience et le passage en revue de toutes les occasions manquées “d’être à la hauteur de l’amour dont elle est faite “. 
À son réveil s’ouvre la quête de l’ontologie passionnée que le vecteur de sa peinture relaie.

Il n’est pas possible de retranscrire la sagesse lumineuse que la rencontre d’avec Fréderique dégage. Sa connaissance intime du plus grand, son expérience du plus élevé ne souffrent pas la réduction des mots.
Il n’est pas possible de les décrire mais il est naturel de les prendre de plein fouet.
Ses œuvres et la musique de ses récits nous les font intensément parvenir.
Emportée par le train d’onde de l’amour de ses existences, l’immersion dans son univers nous y transporte sans résumé possible. Frédérique nous a quittés cent fois pour nous revenir cent une. Elle connaît le chemin et sait nous l’indiquer.
Sur le pas de la porte, à peine entrevoit-on ses peintures que l’on échappe à soi-même. La tête se tait et le cœur respire. Parce qu’elle a su le trouver ailleurs, elle nous donne ce qui lui a tant manqué.
Notre conscience voyage, s’imbibe, se transforme par le simple contact de la sienne, offerte aux quatre vents, disponible à qui veut.
Elle a la confiance de ceux qui se sont aventurés au-delà des limites admises de la vie.

Frédérique Lemarchand est une icône du vivant. Elle incarne la puissance du lâcher-prise dans sa forme humaine la plus aboutie, réalisant que c’est lorsque “l’on consent à la vulnérabilité ultime qu’on laisse véritablement passage à plus grand que soi”.
Habitant encore des lendemains incertains, elle offre par son travail et ses éclats de rire ce qu’elle a acquis : l’immortalité de l’Esprit.
Car comme elle aime à le répéter : qui peut brûler le feu ?

La pression des demandes

31/05/2021

La pression des demandes

      En changeant de région et de mode d’exercice, je découvre actuellement la pression qui pèse de manière constante sur le système de santé, particulièrement dans les régions au fort pouvoir attractif pour les jeunes retraités. 
 Je rencontre des soignants-patients et des soignants-collègues qui expriment à travers leur ras-le-bol ou les mots de leur corps (TMS : tendinite, lumbago…) une difficulté à supporter la pression des demandes. 

Ce que j’entends est à la fois un désir d’en faire toujours plus et un sentiment d’être improductif (voire inutile) quand le corps bloque jusqu’à l’arrêt ou que les plages horaires supportées par le corps sont moindres que les collègues. Je sens en moi cette pression. Je me suis sentie, un temps, presque handicapée de ne pas pouvoir réaliser les horaires ou la cadence vécus par certains collègues. 

 


J’associe cette pression, le besoin d’être corvéable à merci et la réalisation de toujours plus d’actes, à 2 facteurs :

-  au niveau des soins conventionnés, la tarification est ressentie comme assez basse et demande d’avoir un nombre conséquent de séances pour gagner mieux sa vie. L’aiguillon économique est très présent autant dans les cabinets que dans les institutions, comme dans tous les secteurs de notre société finalement. Dans les institutions l’enjeu est de dépenser moins et ainsi d’accepter plus d’actes sans avoir plus de personnel. Chacun devra donc augmenter sa cadence ou bien accepter de terminer plus tard. La peur du manque s’invite régulièrement. 

- L’autre facteur qui pousse à être corvéable à merci est l’inverse du faire toujours plus pour avoir plus, dans son intérêt personnel. Il s’agit de l’idée d’être au service des personnes en difficulté avec abnégation, quitte à nier tous ses besoins. Le désintéressement et faire passer l’autre avant soi est un grand classique des soignants dévoués. Il est impossible pour certains collègues de dire non, de refuser des personnes dans le besoin. Quand il devient obligatoire de dire non, de mettre en liste d’attente (parfois pour plusieurs mois), la sensation de ne pas pouvoir répondre à la demande urgente ou qui semble indispensable peut être écrasante. Alors de nombreux collègues préfèrent s’asphyxier en acceptant le plus de personnes possibles. Le refus devient presque tolérable, sans trop de culpabilité, car le soignant sait qu’il est déjà au-delà de ses limites.

 


Derrière ces fonctionnements, j'ai rencontré 2 idées largement véhiculées dans notre société :

D’un côté il faut faire plus d’effort pour mériter plus (d’argent, de paix…) et de l’autre, on se doit de sauver l’autre car on le perçoit en péril sans notre aide. D’un côté la démarche consiste à faire toujours plus pour avoir plus (d’argent, de biens, de vacances…) pour être (enfin sans culpabilité, apaisée…) et de l’autre la boucle victime-bourreau-sauveur est le fondement des fonctionnements de mise au service aveugle. 

Ces 2 croyances, je les porte depuis l’enfance et je me sens finalement comme un poisson dans l’eau dans ce système asphyxiant. Sauf que ces idées-croyances, je le sais à présent, encouragent le déni de soi et éloignent de l’alliance avec les forces du vivant qui savent ce qui est bon pour chacun. Ce déni de soi et cet éloignement deviennent intolérables quand on en prend conscience. 

 


Ce système fonctionne à contre-courant, avec une volonté qui veut pour l’autre et pour la vie. Il n’est pas très étonnant que cela n’encourage pas une fluidité des prises en charge, un accès léger et régulier pour chaque personne qui a ponctuellement besoin d’un point d’appui, d’un éclairage ou d’un soutien pour retourner dans le cours de son chemin singulier. 
La rivière de la vie dans cet univers est polluée par ces idées. L’accès aux processus de vie est bloqué ou freiné et toutes les dimensions du système (patients, soignants, corps, psychisme…) sont soumises à des réactions contraires au flux de la vie. 
Au lieu d’attirer plus de professionnels, les professionnels à saturation désertent, laissant leurs collègues avec une pression supplémentaire. Les postes ne sont pas pourvus car accepter ces postes c’est accepter de faire 3 fois plus de rendement que ce qu’on voudrait et/ou être prêt à dire non et à refuser son aide en permanence. Le cercle vicieux est en place. La saturation engendre la saturation. La pression engendre la pression et les ruptures brutales (burn-out, départ non remplacé). 

 


Au-delà de cette analyse, je me suis demandé quel système porteur de vie je voudrais rendre réel ? 

J’ai la vision d’un système où la confiance en la vie et dans son expression prédomine. Le nombre des demandes est pleinement accueilli. Il n’est plus question de croire que l’autre a besoin de nous car il est victime de son mal et que sans nous il ne va pas réussir à dépasser cette difficulté. La rencontre juste est vécue ; d’autant qu’il existe de nombreuses réponses possibles et que chaque parcours a ses enseignements à expérimenter. Il y a aussi la confiance que les réponses de l’univers sont en abondance, aussi bien pour le flux porteur de guérison et que pour le flux des revenus. 

Il n'est plus question de sauver l'autre mais d'être altruiste et compassionnel vis-à-vis de chaque être vivant. Dans cette vision, être en présence de cœur à cœur est le terreau de la réponse porteuse de guérison. L’outil, quel que soit sa forme (répétition de séance ou séance unique… thérapie manuelle, gestuelle… médicament… écoute.. danse, peinture… chirurgie… examens… méditation… conseil… échange…) est ici juste l’espace de la rencontre mutuelle. La forme devient malléable aux contours de la singularité de chacun dans cette relation unique.

La bizarrerie du monde

15/05/2021

La bizarrerie du monde

Il est d’usage de considérer le monde quantique comme une bizarrerie. 
La bizarrerie quantique est une expression consacrée qui regroupe l’ensemble des propriétés de cette mécanique particulière :  la dualité onde-corpuscule, l’intrication, l’indétermination, l’influence de l’observation ou encore l’échappement temporel pour les principales. 
L’étrangeté quantique vient se démarquer de notre physique newtonienne car ce qui est indéterminé, participant, intriqué, non local est déclaré inhabituel pour ne pas dire magique. 
La mécanique quantique décrit nos rêves les plus fous, ceux d’un monde ou l’attention et l’intention décident du comportement de particules affranchies des contraintes du temps et de l’espace.
Dans notre expérience, ce que nous considérons comme la réalité extérieure n’est pas perçu comme labile ni influencée par notre volonté. 
Nous admettons que la frontière entre dispositions intérieures et extérieures est étanche, et que notre principe de vie est celui d’une d’adaptation aux évènements d’un monde solide et déterminé qui ne répond certainement pas aux propriétés étranges de la mécanique quantique. 
Dans son livre « Biologie, Médecine et Physique Quantique » *, Raphael Cannenpasse fait le point sur les données de ces mondes et tente d’en préciser les liens. 
Il rappelle que « les principes d’incertitude et de complémentarité sont essentiels … et conduisent à la conclusion que le monde n’est pas constitué d’objet mais d’interaction ».
Que « théoriquement tout objet macroscopique possède une longueur d’onde bien que, selon la formule de Louis de Broglie, elle soit trop petite pour être observable ».
Et il affirme ainsi « que rien ne nous interdit de décrire notre corps (ou tout autre objet) par une onde associée même si elle est infinitésimale ».
Le monde des phénomènes que nous observons pourrait donc être tout aussi bien défini par ses caractéristiques ondulaires, le rendant ainsi plus proche de la vie particulaire et de ses bizarreries quantiques.

 

Dans cet Esprit, le fait que le monde puisse être le résultat de l’interaction entre notre conscience et la matière passerait de loufoque à envisageable.
Oui mais voilà, dans notre expérience nous croyons constater que le monde ne répond pas à nos demandes, bien au contraire.
Il ne se conforme pas à nos idées ni même à nos désirs. 
Imaginer qu’il puisse dans sa représentation être le fruit d’un partenariat conscientiel est donc un outrage à notre intelligence et à notre observation. 

 

Il est pourtant des domaines où cette intrication est parfaitement observable.
L’espèce humaine dans son ensemble en témoigne.
Les états des humains se syntonisent entre eux.
Le rire et la joie sont communicatifs tout comme l’émotivité. 
La contagion émotionnelle est notre quotidien, elle est même la norme sociale et empathique. 
Volontairement ou non, les ambiances se répandent et le rendu final ne tient pas tant aux fameuses conditions extérieures qu’aux pressions exercées par nos humeurs intérieures. 
Ainsi, il est souvent remarqué à travers le monde combien la joie peut être présente au milieu de la pauvreté et la morosité infiltrée au sein de l’opulence. 
La facilité ou non de l’environnement n’a alors pas de causalité directe. 
La confluence de nos états façonne donc significativement la réalité vécue.
Ce qui est ressenti se transmet et s’imprime dans notre environnement à des niveaux divers, des plus subtiles aux plus détectables.
Le résultat collectif détermine une sorte de règle du jeu qui conditionne les parties jouées par les différentes sociétés existantes.

 

En mécanique quantique, l’effondrement de la fonction d’onde correspond à la perte de possibilités dans la réalité. Là où précédemment l’ensemble des devenirs étaient possibles, la mesure définit un comportement. Imaginons qu’un objet puisse avoir initialement plusieurs formes, le fait de mesurer ses dimensions dans une de ces formes le condamne à la prendre et éteint la possibilité qu’il puisse revêtir les autres.

 

L’existence de l’étrangeté quantique dans notre quotidien se pose peut-être en ces termes.

 

Et si nos jugements étaient précisément ces mesures ?
Et si le monde que nous observons n’était que le résultat de nos partis pris, de nos appréhensions et de nos refus qui, constituant la définition même de ce qu’il est, annihileraient les possibilités d’existence de mondes alternes ? 
Nous ne sommes que peu conscients de nos rejets, de nos refus, de nos incriminations, de nos rancœurs et bien sûr de nos dénis mais si chacun d’entre eux constitue une mesure du monde et effondre les autres réalités quand ils sont émis, il nous échappe peut-être que le monde est parfaitement cohérent avec nos états.

 

Peut-être même que la solidité newtonienne est favorisée par la gravité, la rigidité, la séparativité avec laquelle nous abordons la vie ? Peut-être que le monde newtonien est en fait la bizarrerie créée par nos choix de regard ?

 

La théorie du Bootstrap réexposée dans ce même ouvrage de Cannenpasse-Riffard y est favorable.
Celle-ci « dénie l’existence de constituants fondamentaux de la matière ». Elle suppose que « l’univers est conçu comme un tissu dynamique d’évènements interconnectés. Aucune des propriétés d’une partie quelconque de ce tissu n’est fondamentale, elles découlent toutes des propriétés des autres parties et la cohérence générale de leurs interactions détermine la structure du tissu entier ».

 

Alors le monde n’aurait finalement aucune objectivité et ne serait que le parfait reflet des focalisations majoritaires.  Malléable à merci, il serait l’image incorruptible de notre vérité d’expérience collective du moment. 
Et le tour de magie nous ferait croire en la constance d’un monde fictif qui n’a de stable que le lien contigu que nous avons d’avec lui. 

 

* « Biologie, Médecine et Physique Quantique » Raphael Cannenpasse édition Résurgence-Médecine et sciences.

Le retour

05/05/2021

Le retour

Les thérapies holistiques ont pour dénominateur commun la recherche d’une causalité non physique aux symptômes et maladies. Qu’elles soient énergétiques ou psycho-corporelles, qu’elles s’appuient sur l’hypothèse quantique ou sur l’harmonie corps-esprit, qu’elles voient les phénomènes physiques comme conséquence de l’alliance corps-âme-esprit ou comme cause de celle-ci, elles ont toutes à leur façon très bien modélisé (de manière empirique ou plus ou moins protocolisée) la genèse des pathologies. 
On trouve ici le classique déni de soi, les croyances limitantes, les « mémoires » duelles, les vieux-comptes non soldés, les autorisations personnelles etc… Selon la symbolique choisie, ces éléments s’avèrent d’une grande aide pour ceux qui y font une demande.
Avec des millénaires d’expériences sombres et de croyances de séparation, on peut dire que la « symptomatologie de l’éloignement » est aujourd’hui bien explorée. Elle est d’ailleurs le classique terreau d’étude de la médecine conventionnelle bien que celle-ci fasse l’impasse sur la partie invisible de la causalité. 
Éloignement de soi, éloignement de notre source de vie, éloignement de l’autre, éloignement de sa vérité intime… génèrent les symptômes de l’éloignement.

 

De plus en plus on reçoit des témoignages (pour peu qu’on veuille bien leur tendre l’oreille) des « symptomatologies de l’acceptation ». Souvent ces êtres vivent de longues errances diagnostiques et thérapeutiques, cherchent, trouvent, sont déçus, cherchent encore, veulent guérir… jusqu’à ce point d’acceptation où tout le tableau clinique s’effondre en un instant ou un court laps de temps. Vus comme mystiques ou inexplicables, les intéressés disent que c’est leur acceptation inconditionnelle qui était la clé de sortie de la symptomatologie. Ceux-là sortent en général des radars de la médecine conventionnelle et même également de la médecine holistique et ils témoignent - ou pas, selon leur crainte vis-à-vis de l’ordre établi. Si on veut bien leur prêter un œil attentif, ils sont là, tout autour de nous.

 

Et puis, moins fréquents encore, moins visibles encore, moins regardés, moins objectivés puisque hors des possibilités de modélisation, il y a ceux qui – généralement dans le cadre d’une volonté profonde d’élévation de conscience – présentent des symptômes pour lesquels l’acceptation ne suffit plus. Les symptômes sont là, l’acceptation aussi, la clef n’est plus là. L’acceptation n’a plus aucun effet atténuant sur la symptomatologie. Ce sont les « symptomatologies du retour », après celles de l’éloignement et de l’acceptation, ce sont celles du retour à soi, du retour à la vérité, du retour aux autres, du retour à la conscience, du retour à l’unité (la non-dualité).
Alors ils peuvent s’étonner, ceux-là qui croyaient avoir trouvé la clef. Oui, ils avaient bien trouvé une clef, celle de la portion suivante du chemin : le chemin du retour.
Ce chemin de retour a été beaucoup décrit sur un plan « spirituel » : comment l’esprit rentre vers son état originel, la nuit noire qui s’ensuit, les nombreux pièges tendus à l’esprit sur ce chemin… Mais on ne parle pas souvent de la manière dont le corps se comporte pendant cette phase de retour. 
Eh bien il se comporte bizarrement, très bizarrement … Les symptomatologies du retour sont généralement très marquées, très intenses, brutales, à l’emporte-pièce, elles suivent une cinétique inhabituelle, elles ressemblent à des symptômes connus mais ne correspondent pas aux pathologies connues, elles empruntent les mêmes voies biologiques et physiologiques mais dans une logique qui leur est propre. Elles sont comme une proposition individualisée de la conscience qui y œuvre, pour l’être qui le reçoit, avec un cortège de symptômes assemblés « sur-mesure ». Elles sont une question de la conscience à l’être concerné : « Et maintenant que choisis-tu ? »

 

Tous les symptômes sont des questions mais elles diffèrent au cours du chemin.


- La question des symptomatologies d’éloignement est : « alors, choisis-tu encore de t’éloigner plus de moi ou décides-tu de revenir vers moi ? ».
Là s’éloigner encore plus ne fait qu’intensifier les symptômes. Faire demi-tour est salvateur et fait le lit des cohortes de témoignages des magistrales transcendances vécues au décours de pathologies lourdes.

 

- La question des symptomatologies d’acceptation est : « alors choisis-tu de me laisser faire ou choisis-tu de me résister encore ? »

 

- Enfin la question des symptomatologies du retour est : « alors me choisiras-tu envers et contre tout ? ou choisiras-tu de repartir dans ton monde séparé y chercher une réponse qui te convienne, en dehors de moi ? »
Ici le symptôme ne fait que se renforcer au fur et à mesure que l’on rentre. C’est encore l’attraction de la densité qui œuvre, qui fait souffrir les structures corporelles par un puissant effet d’aimantation, mais cette fois pour tracter, pour retenir. Le corps semble tirer des boulets de douleurs et de symptômes. C’est le chemin de croix, c’est la conscience qui laboure le corps.
Le piège est tel, la souffrance physique est telle que la volonté est mise à l’épreuve. Et là tomber dans le piège consiste à répondre « oui je veux rentrer mais je vais quand même chercher un soulagement dans mon monde avant ». 
Or les symptomatologies de ceux-là ne ressemblent généralement à rien ou sont tellement polymorphes qu’elles finissent dans l’escarcelle des pathologies fourre-tout – ces diagnostics pas très clairs qui permettent de donner satisfaction au mental qui veut une étiquette sur son mal. Les thérapies ne sont guère plus satisfaisantes mais le tentateur a eu ce qu’il voulait : il a fait rebrousser chemin.

 

Et c’est ainsi qu’on voit des êtres qui souhaitaient plus que tout rejoindre le chas de l’aiguille (Matthieu 19:24) mais qui s’en approchent avec un gros sac rempli d’un diagnostic fourre-tout qui jamais ne passera par ce point tant désiré. Et ce parce qu’ils ont oublié la question qui leur était posée.

Le mouvement

30/04/2021

Le mouvement

La physique, science du vivant, témoigne de la recherche de la connaissance de soi. Les lois régissant le monde tridimensionnel me parlent de spiritualité. 


L'homme cherche dans toutes les directions pour trouver ce qui finalement est évidence. Comment traduire en mots complexes, en concepts ardus, le monde dans lequel il évolue. Des particules élémentaires aux univers entiers, tout est d'une complexité majestueuse et d'une simplicité absolue. 


Tout peut aussi être simplement perçu et s’évanouir l'instant d’après en laissant la trace d'un sourire discret. 


Cette semaine, avec mes enfants j’ai revu la notion de mouvement, je vous en partage ma perception. (suivez les ?>>)


Les objets en mouvement doivent être suffisamment grands, par rapport à un atome, pour que la matière paraisse continue. C’est une condition pour pouvoir étudier le mouvement sinon l’objet peut avoir plusieurs localisations en même temps (en physique quantique, celle des particules).


? >> Nous sommes faits de particules condensées, organisées et spécialisées entourées de "vide" servant de liant. A l’échelle microscopique, c’est déjà la relation, la liaison entre les unités élémentaires qui détermine l’ensemble, le résultat final… L’être humain est un être de relation.

 

La deuxième condition pour étudier le mouvement est que les vitesses soient relativement faibles, par rapport à la vitesse de la lumière (comme c’est le cas sur terre) sinon l'écoulement du temps est modifié, c’est la relativité.

?>> on parle d'espace temps comme une entité stable, en fait il s'agit encore d'une relation étroite entre plusieurs dimensions: l'espace, le temps et aussi la matière (l’énergie).
 

 

Pour étudier le mouvement, cher à notre association, on définit un référentiel. Celui-ci dit où se situe l’observateur. La perception de la trajectoire est bien différente en fonction d’où se situe cet observateur.

 

? >>Nos perceptions du monde extérieur en mouvement egocentré changent en fonction de notre état conscience car le référentiel change. L’information n’est pas traitée de la même façon selon la qualité de notre regard car elle n’a pas la même valeur.


Aussi en physique du mouvement, on apprend que: quel que soit l’itinéraire emprunté par un système pour aller d’un point M à un point M', la résultante sera le vecteur déplacement, identique pour tous les itinéraires : même direction, même sens, même valeur.

? >> On va toujours de soi à soi peu importe le chemin. 


Les choses se compliquent lorsque l’on rajoute la coquine variable temporelle… alors bien sûr la notion de vitesse apparaît et rend les itinéraires plus ou moins rapides. Le temps est une variable non compressible dès lors que l’on évolue dans un milieu stable au niveau gravitationnel. (Ce qui est notre cas)


Le système qui se déplace possède des objets avec des caractéristiques propres. Il possède des forces internes.
? >> Comment est programmé ce système corps, quel est notre équipement de base ? Quelles sont ces forces internes, dans quels sens s’exercent-elles, avec quelle intensité, où s’appliquent-elles en nous ? 


Le système traverse un milieu. Ce milieu ( l'air, l'eau ...) applique des forces (de frottement et d’attraction par exemple) faisant varier la vitesse.
? >> Ceux sont les contraintes extérieures ou aussi toutes les embûches que nous rencontrons sur le chemin que nous avons choisi. Elles répondent à nos forces internes car la loi naturelle est celle de l’équilibre.


L’être humain évolue dans un monde qui lui répond en permanence. Le mouvement est le principe même de la vie. Être conscient des forces qui s’appliquent en nous, du chemin et de la compagnie les plus adaptés pour parvenir à notre but facilite le voyage. Le choix du référentiel nous appartient.

Sans observateur que devient donc le mouvement?

Spiritualité mais encore ?

21/04/2021

Spiritualité mais encore ?

         En revoyant le replay de la table ronde sur le coming out spirituel dans le domaine de la santé, je me suis amusée à noter certaines idées qui résonnaient pour moi. Merci à tous les participants de cette table ronde. Chacun a contribué à ouvrir ma réflexion.  

          Mais avant, de démarrer, j’aimerais introduire mon propos en citant un passage du livre d’Henri Gougaud (J’ai pas fini mon rêve) : 
« J’ai l’impression parfois, (…) d’avoir vécu mille ans. Et qu’ai-je fait de tout ce temps ? Des chagrins, des bonheurs, des sottises, des riens, comme tout un chacun. Mais l’ignorant inquiet que j’ai toujours été a sans cesse tenté d’explorer ce mystère qui nous fait vivants ici-bas. 
(…) J’ai posé la question mille fois au ciel vide, aux dunes du désert, à quelques vieillards de rencontre au regard d’enfants éternels. Nul ne m’a jamais répondu mais j’ai parfois senti venir à moi, je ne sais d’où, une sorte de brise amoureuse et paisible. C’est ce presque rien là qui me dit : « Parle-lui », ce presque rien sans voix qu’il ne faut pas nommer, le bruit des mots l’abîmerait. Je vais te raconter une histoire. (…) Mais n’oublie pas, c’est une histoire, ni mensonge ni vérité, ni témoignage ni leçon. Les paroles d’une chanson. »

   

Ce presque rien là qui encourage paisiblement et amoureusement à parler, à nommer les paroles de la chanson de sa vie, doit il s’arrêter aux portes des professions de santé ? 
Cette brise paisible et magique est-elle réservée à l’univers des poètes et des conteurs d’histoire ?
Ou peut-on faire le pari que l’univers du soin et de la santé aspire, aussi, à entendre vibrer la vie dans toutes ses dimensions ? 
Et que même sans avoir trouvé les réponses, la spiritualité est comme cette brise déjà présente et disponible en tout lieu et en tout temps, alors pourquoi pas dans les professions médicales ? 

 

Plus prosaïquement, comment amener sa vie spirituelle dans son offre de soin ? 
Qu’est ce qui change dans l’offre de soin ?     
Est ce la forme des propositions qui deviennent différentes ? 
Est ce une tonalité dans le goût de la relation qui diffère tandis que la proposition semble similaire ? 

 

       En apparence, il est question de 2 univers qui semblent opposés. D’un coté le soin qui dans notre système de santé, s’appuie sur une démarche scientifique, raisonnable et démontrée. Les approches proposés par une profession de santé et les procédures de traitements sont encouragés par les institutions, à être standardisés pour répondre de la manière qui semble la plus adaptée d’après les dernières recherches validées. 
Tandis que la spiritualité appartient, elle au monde de l’intuition, de l’intime, de l’individu et de ses inspirations. Chaque thérapeute offre sa vision, selon son modèle du monde, pour répondre à ce qui semble le plus adapté à la personne qu’il rencontre. 

 

Je vous propose d’explorer un peu plus ce qu’est la spiritualité, puis de répondre à la question : Pour quelle raison vouloir la rendre visible ? Et, enfin de s’interroger sur comment chacun peut réaliser l’intégration de l’univers spirituel dans le monde de la santé ? 

 

       Le temps de la table ronde sur ce thème, j’ai découvert plusieurs définition de ce chacun nomme spiritualité, cela m’a fait entre apercevoir plusieurs vision de cet uni-vers. Cela m’a donnée envie de voir la définition dans wikipédia : « La notion de spiritualité (du latin ecclésiastique spiritualitas) comporte aujourd'hui des acceptions différentes selon le contexte de son usage. Elle se rattache conventionnellement, en Occident, à la religion dans la perspective de l'être humain en relation avec des êtres supérieurs (dieux, démons) et le salut de l'âme. 
Elle se rapporte, d'un point de vue philosophique, à l'opposition de la matière et de l'esprit ou encore de l'intériorité et de l'extériorité. Elle qualifie l'activité de l'esprit en tant qu'elle se rapporte à lui-même, séparément de ce qu'il n'est pas ou plus. Par conséquent, est compris comme spirituel tout ce qui se rattache à la nature de l'esprit. Elle annonce le spiritualisme.
Elle désigne également la quête de sens, d'espoir ou de libération et les démarches qui s'y rattachent (initiations, rituels, développement personnel, Nouvel Âge). Elle peut également, et plus récemment, se comprendre comme dissociée de la religion ou de la foi en un Dieu. (...) »

 

        Les échanges ont aussi montré plusieurs acceptions complémentaires de ce que porte ce mot pour chacun et donc de sa manière de déployer sa vision dans son activité. Pour résumé, voici les grandes thèmes décrivant la spiritualité :  

une posture intérieure (alignement, présence)
un état intérieur dynamique (observateur, conscience, incarner) 
une danse cosmique du donner (partage) et du recevoir (accueil) 
l’expérience de forces invisibles (énergie d’amour, plus grand que soi, divin, âme…) 
l’accès à des perceptions subtiles (énergie, vibration, intuition…) 
une guidance intérieure 
une quête de sens 
une démarche d’alliance avec l’universel ou le divin en soi et autour de soi 
une démarche de dépouillement vers l’essence de la vie, l’essence de l’être 

 

J’ai adoré écouter toutes les variantes pour définir ce que chacun entend par cette idée : 

- un regard permanent et quotidien, chaque seconde du réveil au coucher, une conscience de ce qu’on est vraiment et l’envie d’un partage vibratoire en résonance avec l’autre
- une philosophie, des croyances intimes sur les forces invisibles qui animent l’univers
- la reconnaissance des forces universelles qui animent l’univers 
- la conscience en des forces plus grandes que sa dimension personnifiée humaine 
- l’aspiration à être relié avec le plus grand, le plus essentiel de la vie
- la conscience d’être relié à ce qui coule par essence 
- un alignement, un centrage de toutes les facettes de son être
- la conscience que nous avons tous un parfum unique
- le partage du goût et du regard de l’être que l’on est en profondeur 
- la conciliation entre la dimension matériel du vivant et la dimension de l’esprit, de l’intuition 
- une capacité à donner du sens en tant que signification ou direction à son vécu
- une capacité à célébrer, honorer la dimension sacrée de la vie 
- la conscience de ce qui anime nos vécus 
- une énergie d’amour vibrante 
- une ouverture du cœur 
- une belle humanité qui accueille toutes les facettes de l’humain
- une capacité à voir ce qui est beau au-delà des apparences et quelques soient les circonstances
- une capacité à être tout simplement dans une ouverture inconditionnelle à l’autre
- une essence qui imprègne tout et qui se projette dans nos vécus
- un moyen pour conscientiser ce qu’on porte à l’intérieur de soi
- la conscience que tout ce qu’on est à l’intérieur (pensée, sentiment, désirs) et qui s’incarne à travers nos gestes, nos paroles et nos créations
- l’incarnation de son unicité
- la présence du divin dans nos vies
- une présence vibrante, consciente de la lumière qui anime chacun 

   

      Toutes ces définitions montrent que chacun a une vision légèrement différente de ce qu’il veut partager en intégrant la spiritualité dans son approche. Ainsi le partage de sa dimension spirituelle relève parfois de celui d’une vibration, de l’accès à une perception subtile, de l’expression d’une loi universelle ou d’une force supérieure à soi-même ou bien du partage d’un processus de reliance, de conscience ou d’incarnation… 

    Un soignant a le souhait d’améliorer l’harmonie de la vie des personnes rencontrées. Hors un cheminement spirituel a souvent eu un impact majeur sur l’harmonie de sa propre vie et sur l’amélioration de sa propre santé. Il semble ainsi légitime de souhaiter partager, ce qui nous a fait du bien, aux personnes en recherche de santé et de bien-être qui nous consultent.

      J’aime bien me rappeler que lorsqu’une personne me consulte en tant que professionnel de la santé, c’est qu’elle attends, en première approche, une réponse dans la sphère des possibles de la profession du soignant. 
Alors, en quoi partager ma vision spirituelle peut offrir une réponse qui contribue à l’autre ? 
Pour quelles raisons rendre visible ce qui m’anime dans ma dimension spirituelle ? 
Quel bénéfice à partager ma vie spirituelle dans mon activité de soignant ? 

 

       Comme évoqué ci dessus, partager sa dimension spirituelle dans son activité de soignant est d’abord pour partager l’impact que la spiritualité a eu sur sa propre santé et sur l’harmonie dans sa vie. Dans ce sens, reconnaître le vivant en soi fait du bien. Identifier ce qui est juste pour soi encourage à aller vers un épanouissement moins conditionné (par ses émotions, ses croyances acquises…). Écouter la voix de son intuition encourage à aller vers ce qui déploie la vie en soi. Toutes les démarches de sens, d’accès à plus de vie en soi, encourage les processus de santé et de bien-être. 

 

       J’ai longtemps cru que l’accès à des perceptions subtiles (ressentie énergétique, intuition, messages d’autres dimensions…) était indispensable pour soigner en profondeur et que cet accès était le signe d’une démarche spirituelle aboutie. Je pensais aussi que cela donnait plus accès à son intuition et à reconnaître ce qui est bon pour soi. Je pensais aussi que tant que je ne serais pas en mesure de lire dans l’autre comme un livre ouvert et de l’aider à se comprendre parfaitement, je ne serais pas une bonne thérapeute. J’ai fini par comprendre que chaque sensibilité est parfaite pour entrer en relation avec la personne qui est face de nous. D’ailleurs, quand une information est disponible parce qu’un praticien a accès à des infos subtils, cela peut être légitime de la partager si cela semble soutenir la démarche de soin entrepris ensemble. Je reste fascinée par les personnes ayant accès à des informations qui sont invisibles pour la plus part. Un musicien qui a l’oreille absolue ou un artiste peintre qui voit des nuances de couleurs me semblent incroyables, tout comme ceux qui ont accès à des perceptions corporelles subtiles. Mais avoir plus d’information peut autant favoriser le lien qu’au contraire créer un fossé en montrant la différence de vécu de chacun. Finalement, l’enjeu n’est pas de sentir plus, mais de savoir communiquer les informations. C’est tout l’art de la relation humaine. 

   

       Partager sa dimension spirituelle dans son activité de soignant c’est aussi partager son expérience des lois du vivant et des forces invisibles qui interviennent dans le vécu de chacun. Cela permet ensuite d’offrir une autre vision des fonctionnements à l’origine de la souffrance et de l’épanouissement. Ce partage peut aussi bien être une explication de ce qui a été compris sur les lois de l’univers, qu’une démonstration par son vécu en présence. Un changement de positionnement intérieur peut s’amorcer chez le patient, par effet miroir, par l’accès vibratoire à un autre possible ou par l’accès à la conscientisation de ce possible. Oser exprimer nos expériences sans censure peut être inspirant et encourageant pour que chacun soit libre de vivre ce qui est bon pour lui. 

 

       Partager peut aussi être, offrir un regard bienveillant et accueillant sur un vécu souffrant ou  porter une attention à destination de l’essentiel de l’autre, de son être, de sa lumineuse présence au-delà du décors personnifié. Alors le soin passe par un état de présence dans un ouverture inconditionnel d’être à être. La posture porteuse de paix et d’accueil encourage ce vécu, par effet miroir, chez le patient et les outils deviennent un plus qui permettent l’espace d’expérience de la rencontre. 

 

        Enfin, dans une quête de sens du soignant, partager son unicité incarné, son parfum unique, relié à la conscience de son essence vibratoire, est inspirant et donc soignant. Et une fois l’aspiration à être soi-même est enclenché, il n’est plus possible de sectoriser dans les différentes parties de sa vie. Cela pousse à oser dire ce qui est présent, sans anticipation et sans crainte de la réaction des autres, dans tous les domaines de sa vie. 

Dans la danse

20/04/2021

Dans la danse

On est spirituel ou on ne l’est pas !

 

La spiritualité est comme la sobriété chez une personne alcoolique : elle est ou elle n’est pas ! On ne peut pas se dire sobre, et prendre quand même un verre, juste un petit, juste un dernier... On ne peut pas décider d’être sobre dans la salle de bains, dans le salon et dans la chambre mais tolérer de boire un petit verre dans la cuisine ; ou bien de ne rien boire chez soi mais accepter de boire chez les autres. De la même façon, on ne peut pas se dire sobre la semaine et se permettre d’être saoul le week-end ; « clean » avec sa famille et ivre avec ses amis. La spiritualité ne dépend ni du lieu ni du temps ni du contexte.

 

La spiritualité est un état, une philosophie de vie, ce n’est pas un trophée que l’on va placer dans une vitrine : elle ne se possède pas mais s’expérimente. Elle est une vigilance de chaque instant. En comparaison à la sobriété d’une personne anciennement alcoolique, c’est une volonté de chaque instant : la volonté de ne pas se laisser happer par d’anciennes habitudes qui apportent, en apparence, un soulagement de l’instant, mais qui, en fin de compte, nous éloignent davantage de celui ou celle que nous sommes vraiment.

 

Ainsi, si nous aspirons à la spiritualité dans notre vie, nous ne pouvons pas ne pas l’inclure dans tous les domaines de notre vie : notre vie familiale, sociale, professionnelle, sportive, créative…etc. 

 

En tant que professionnels de la santé, nous sommes amenés à rencontrer des patients : personnes en souffrance (que ce soit physique ou morale). Il est alors de notre responsabilité de leur partager cette spiritualité à laquelle nous aspirons. Il n’est bien évidemment pas question ici de faire du prosélytisme ! Dans notre posture de soignants, nous comprenons que la situation qui se présente à nous, à eux, est juste (d’un point de vue beaucoup plus large) et qu’il n’y a rien à combattre, mais plutôt à accueillir et faire grandir.  En leur offrant ce regard neuf et inspiré (qui peut s’exprimer par un mot, un discours, des gestes, des soins particuliers voire un silence) nous devenons spirituels. 

Nous élevons nos patients et nos patients nous élèvent : c’est le fameux « contrat d’élévation mutuelle » !

 

Il n’y a rien à appliquer, à calculer, à préparer si ce n’est développer notre présence à l’instant pour être capable d’accueillir ce qui se présentera. Les « protocoles » seront ici bien inutiles. Un mot aura été décisif dans la guérison du patient alpha et c’est un silence qui soignera le patient bêta, alors que le patient delta pourra retrouver le chemin de la guérison avec un soin particulier, et le patient lambda se sera vu prescrire un traitement approprié.
Accueillir notre patient, l’écouter et l’entendre dans sa demande, le respecter dans ses croyances, lui permettre de s’exprimer sans tabou et sans jugement de notre part pour lui offrir ce que nous sommes. 
Le soin devient alors une danse inspirée entre le soignant et le patient : le patient fait le premier pas, le soignant enchaîne et la chorégraphie se construit. Aucun des deux protagonistes ne sait à l’avance à quoi cette danse va ressembler.

 

Le soin devient un cadeau (un « présent ») du soignant au soigné et du soigné au soignant. De la même façon, chaque rencontre est un présent pour les personnes concernées. Enfin, chaque instant est un cadeau, car « tout est bénédiction » !

Le corps, reflet de la conception intime de soi

04/04/2021

Le corps, reflet de la conception intime de soi

Prendre exemple sur des fonctionnements observés dans le corps pour justifier que la « vie » fonctionnerait alors certainement de même est peut-être une vision erronée. Peut-être est-ce parce qu’une notion réside en esprit qu’elle peut avoir donné une manifestation biologique et corporelle ?


Nous justifions souvent nos comportements d’attaque et de défense par le fait que nos corps fonctionneraient ainsi et ce du fait que nous l’avons scientifiquement observé (système immunitaire de défense de l’organisme). Alors il serait naturel de se comporter de la même façon, dans des oppositions permanentes. Pourtant, admettons que ce pourrait être parce que l’attaque et la défense sont des notions profondément ancrées dans notre esprit humain que des mécanismes de l’immunité sont potentiellement défaillants. Leur fonctionnement de base pourrait être simple fluide et parfaitement orchestré par l’intelligence universelle sans qu’il soit besoin d’y ajouter les termes de défense et d’attaque qui sont finalement la projection de notre système humain de pensée. 


Finalement, si notre conception de nous-même se vit jusque dans notre organisme, nous concevoir comme des « battants »  (notion valorisée dans nos sociétés) est susceptible de créer des champs de bataille autant dans les circonstances de nos vies que dans nos corps. Nous considérer comme des battants ne peut que se répercuter aussi dans la création corporelle en nous offrant des batailles à mener. 
Déposer les armes est alors aussi puissant dans nos manifestations corporelles que dans nos circonstances de vie. Baisser les armes ne signifie pas abdiquer à un futur obligatoirement tragique à nos yeux. Déposer les armes, c’est rendre le pouvoir à ce qui le possède vraiment, qui l’a toujours eu et à qui rien n’est impossible : la vie.


Alors de grâce, ne nous glorifions plus de notre force, d’être des « battants ». Car notre force est ici notre faiblesse et le terrain de notre guerre intérieure (psychique et organique).


La conception que nous avons de nous-mêmes n’étant pas toujours facile à percevoir, nos circonstances de vie et notre corps en sont de très beaux indicateurs.


Le courage (« le cœur en action »), si telle est notre conception de nous-même, nous offrira des circonstances nécessitant la mise en œuvre de ce courage hors de la norme de perception habituelle et donnera dans le corps des manifestations qui nécessiteront de plonger dans l’amour. C’est ainsi que nous aurons profité de cette existence pour prendre à notre compte des densités importantes à transcender pour le collectif.


La patience, la tolérance et l’acceptation : si telles sont nos conceptions de nos qualités, nous offriront de quoi les mettre en œuvre et vivre ces qualités dans notre corps, avec des symptômes à caractère chronique.


La confiance nous offrira elle aussi sa mise à l’épreuve autant dans le corps que dans les circonstances apparemment extérieures de nos vies avec des maladies nécessitant de se confronter à la peur de la souffrance ou de la mort.  


Soyons envers nous-mêmes la bienveillance incarnée et observons comme la vie et nos corps nous offrent alors les circonstances pour nous vivre ainsi que nous nous concevons, en toute fluidité.


Ne cherchons donc pas à modifier quoi que ce soit dans notre plan de manifestation mais observons ce mécanisme magique qui, pour répondre à notre ordre, nous offre à chaque instant de vivre notre conception intime de nous-mêmes jusque dans notre chair.

Le temps d'avant, avant le temps.

27/03/2021

Le temps d'avant, avant le temps.

Il y a un an, une partie de l’humanité voyait son monde s’arrêter.
De toutes petites choses aux grands effondrements, chacun à sa manière est dans un processus de deuil.
Pour beaucoup, le cadre semble s’être rétréci, la ressource par le travail être en danger, la culture et l’art relégués au monde virtuel, les contacts humains compromis…
En quelques pensées, nous pouvons nous projeter dans un futur dystopique.

 

Alors à quand le retour à la normale ? La réponse serait : jamais et comme toujours.

 

Ce retour à la normale est un fantasme. Personne ne peut dire ce qu’était « Avant ». 
La norme, quant à elle, est une idée personnelle et instantanée.
« Avant » est composé de la somme des expériences du vivant au travers d’un espace temporel. 
Rien dans le passé ne peut être dissocié.
En réalité, à chaque minute ce monde d’avant disparaît.
Dans notre état naturel, nous laissons aller le passé. Nous conservons en mémoire les apprentissages et une vague histoire personnelle. Tout le reste presque invisible, nous colle à la peau, comme un héritage en permanente demande de validation. Mais quelque chose en nous ne dépend pas du temps.
En réalité, nous sommes des êtres intemporels que la mémoire rappelle. 

 

La mémoire individuelle est sélective, orientée, contextuelle. Le cerveau associe et compacte des souvenirs, les modifie, les arrange. Il comble les trous. C’est ainsi que nos souvenirs personnels sont plus ou moins faux. Alors, en cas de crise nostalgique, soyons conscients que nous sommes dans un monde factice. 
Et puis, il y a la mémoire non factuelle primitive, corporelle, collective. Celle qui nous fait percevoir le danger (parfois de manière tellement inadaptée que s’en est amusant). Celle qui nous aide à faire des ponts avec nous-même et entre nous, qui nous offre son expérience infinie et nous renvoie à plus grand.
La mémoire collective est l’infini des possibles dont la somme est nulle. S’attacher à un de ses fragments est comme décider que l’air enfermé dans une bouteille vide est une atmosphère. Cela est faux et vrai. Nous décidons de ce que nous en faisons. Nous pouvons donc nous en servir ou nous y piéger.

 

En réalité, depuis un an rien n’a changé sauf le décor. Nous restons ce que nous sommes.

 

Pourtant, chacune de nos actions, si banale soit-elle, peut émaner du passé. Elle conditionne alors littéralement le futur au passé. La force de l’habitude est telle que cela se répète encore et encore. Tant que nous tenons la ficelle du passé rien de nouveau ne peut apparaître. 
Les mêmes pensées continuent à régner sur notre univers et conditionner nos actions. Lutter contre la pensée est vain et inutile. Voir son fonctionnement et proposer notre alternative est créateur.

 

L’être humain est un être de relation. Quel que soit son niveau de conscience, l’humain grandit au travers de la relation. L’isolement le fait stagner ou dépérir. 
Chacun de nous aspire à partager au travers de la relation, ce qu’il est. 
Chacun désire se connaître et se reconnaître, s’honorer par ses pensées ses mots et jusque dans ses actes. Nous ne sommes pas obligés d’opter pour un changement aveugle et résigné.  Nous pouvons laisser faire ce qui, en nous, est libre et cherche à s’exprimer. 
À l’échelle individuelle, l’invitation n‘est pas seulement de sublimer ce qui est derrière nous. L’urgence est d’investir ce qui nous porte, nous réveille. Ce qui est simple et beau à nos yeux. Et de le mettre en œuvre. 
Collectivement, lorsqu’une idée, un projet est partagé par un nombre suffisant alors il prend forme et devient réel.


La proposition est de regarder où nous voulons aller et non de scruter l’univers des pires possibles, et le chemin sera plus doux.