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Désirs, plaisirs, bonheur : apport des neurosciences

08/11/2020

Désirs, plaisirs, bonheur : apport des neurosciences

par le Dr Hélène Coulier

L’étude des neurosciences est source de savoir sur le fonctionnement comportemental de l’être humain. Nous verrons ci-après que la motivation qui nous pousse à agir demeure intimement liée au plaisir mais aussi à la peur.
Ainsi éclairés, avec un minimum d’envie, nous pouvons regarder avec un œil avisé toutes nos dépendances et la source de nos actions. Cette compréhension nous indique aussi les moyens de ne pas agir de manière inconsciente dans le cercle vicieux d’une boucle cérébrale et ébauche un chemin vers la liberté.

 

À l’échelle du cerveau, toute action est issue d’une stimulation hormonale et électrique plus ou moins complexe. Tout est régulation. L’action est engendrée par l’activation de deux circuits : soit celui de la récompense , soit celui de la punition.
Le circuit de récompense (aussi appelé circuit du plaisir) au départ, favorise  - par la sensation de forte satisfaction qu’il engendre -  le maintien de l’assouvissement de nos besoins fondamentaux. Ce circuit s’est perfectionné au cours du développement humain pour que l’homme répète les expériences plaisantes apprises. La dopamine est la principale hormone en jeu dans ce circuit complexe. Son re-largage par les neurones permet d’anticiper un plaisir, de donner la motivation à l’action qui générera la récompense, de rechercher un objet de gratification. C’est à la fois l’hormone du désir et du plaisir. L’apprentissage par l’expérience (telle action entraîne tel effet) et la qualité du plaisir ressenti permettent au système de s’autoréguler. 
Ainsi, nous aurons tendance à répéter les mêmes actions pour obtenir les mêmes effets , à augmenter les stimulations et enfin à se détacher de l’objet du plaisir si celui-ci n’offre plus la qualité de sensation attendue (intervient donc une certaine forme de mémoire du circuit). Ce système dopaminergique est directement en lien avec le cortex préfrontal. C’est le cerveau primitif qui peut donc influencer directement nos comportements. 
Le circuit du plaisir est aussi le lieu d’action de la plupart des drogues. Mais il existe aussi des addictions sans drogue, issues de certaines activités entraînant un stress. On peut ainsi devenir accroc au travail et au sport. Pour contenir un excès de noradrénaline dû au stress, les endorphines (opiacés produit par le corps) augmentent, amenant la disparition de l'inconfort et même une impression d’euphorie.

 

L’autre circuit, dit de punition est un système d’alerte au danger. Il prépare en cas de danger et génère la fuite ou, à défaut, la lutte. En cas de réussite du système d’alerte, la dopamine est aussi sécrétée en récompense (plaisir d’avoir échappé au danger). 
Il existe aussi une voie où ni lutte ni fuite ne sont possibles. C’est la voie de l’inhibition : aucune action n’est possible. Cette voie n’a pas vocation à être empruntée de manière chronique, sans entraîner des répercussions sur la psychologie de la personne.

 

Une autre hormone, la sérotonine a un rôle important dans la régulation de la voie de la motivation. Elle est neurotransmetteur et neuromodulateur. Elle agit de manière antagoniste (opposée) à la dopamine sur le comportement. Elle réduit ainsi la prise de risque et pousse l’individu à se maintenir dans sa situation favorable. Elle régule l’humeur, le cycle circadien, le sommeil, la sensation de satiété etc.. Elle a un rôle important dans la genèse de la douleur.
À taux fixe, elle engendre la sensation de bien-être sans cause autrement dit le bonheur. Sa dérégulation joue un rôle dans les états dépressifs, stress, anxiété et autres maladies psychiatriques. La méditation pleine conscience, la marche, le yoga augmentent par exemple le taux de sérotonine.

 

>> Quelles réflexions amorcer devant ces observations neuro-scientifiques ?

 

Le circuit neuronal de punition propose face à la peur de fuir ou alors de lutter. La peur peut être un handicap dans nos vies et nous empêcher d’affronter certaines situations. Pour trouver la Liberté dans l’action, il nous faut donc trouver, face à ce stimulus, une réponse alternative qui est ni fuir ni lutter.

 

Par ailleurs, il existe une perversion du circuit d’inhibition, initialement destiné au maintien de la vie en cas de danger. Il est devenu prépondérant dans de nombreuses circonstances humaines. Les personnes sont paralysées, à l’arrêt dans leur vie, incapables d’envisager une attitude nouvelle. Mais où est donc ce danger ? Cette question permet de commencer à lever l’inhibition.

 

Le bonheur, sensation de « bien-être » sans cause, n’est pas lié au faire, à l’action. Ainsi l’homme, dans un « tout action », ne pourra jamais accéder au bonheur car il ne porte pas son attention au bon endroit.

Le circuit de récompense est une machine que nous huilons tous les jours. C’est un outil utile, pourtant pouvons-nous le regarder avec lucidité ? Pouvons-nous observer l’attachement aux objets de désir ?
Si le bonheur est ailleurs, un état qui ne s’acquière pas mais qui est, alors le détachement est possible. Il est instantané.
Dans ce mariage entre la motivation et le détachement, l’action devient légère, elle peut se poursuivre et se transformer.
Enfin, peut-on apprendre à choisir consciemment nos désirs et sources de plaisirs et libérer la voie du danger ?

Sans frontière L’animalité retrouvée