Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit.

Association loi 1901

2021 © wecareweare. Tous droits réservés

 

 

Médecine et Santé, aujourd'hui, et demain ?

02/12/2020

Médecine et Santé, aujourd'hui, et demain ?

par le Dr Hélène Coulier

Parfois, j’entends dire que la médecine moderne est froide, technique et déshumanisée, les prises en charge sont morcelées et laissant le patient solitaire.
Ce que je ressens, c’est que la médecine est à l’image de la société, elle-même à l’image des individus qui la constituent.
Qu’est ce qui ferait que des êtres humains animés de l’intention d’être au service de la vie à travers le soin se retrouveraient dans un tel écartèlement entre leurs intentions et leurs actions ?


La médecine moderne est noyée dans les protocoles, l’administratif, la peur du médico-légal. Ces contraintes « qualité » coûteuses en temps ont asphyxié les praticiens de santé qui travaillent à effectif constant.
L’hôpital est devenu un lieu de rentabilité. Le patient y est une source de revenus. Cette mutation s’est faite avec l’accord tacite de tous. Tout à l’hôpital public est désormais soumis à l’administration. Les possibilités d’innover humainement y sont très faibles car la ressource est saturée de travail et en perte de sens. Tout est toujours plus rapide et efficace


Les structures de santé sont devenues des structures économiques mêlant technique et productivité où le facteur humain intervient peu. Sans vigilance, les médecins (comme tous les autres acteurs) peuvent y devenir des prestataires de services. Au fur et à mesure du temps, ils n’ont plus le choix des moyens humains et ni même techniques à leur disposition. La médecine dite de ville, reste un rempart de proximité d’offre de soin. Elle n’échappe pourtant pas au système.


Comme la société en pleine mutation, le soin, la médecine, la santé sont des concepts humains qui méritent une attention particulière. L’expertise des acteurs de la santé est importante dans leur re-définition. Nous devons nous ré-approprier ces notions et laisser transparaître ce qui nous anime au travers des pratiques. Après avoir expérimenté l’aseptisation administrative et technique du soin, veillons à retrouver le sens de notre engagement et le partager. 
Notre défi est de faire vivre une médecine plus novatrice, plus ouverte à d’autres pratiques, plus humaine, plus précoce et plus lente. 


Pour cela le monde médical, les médecins ont besoin de se défaire de certains fardeaux obsolètes
    Les enjeux égotiques de pouvoir et de reconnaissance sont souvent contraires au bien commun. À nous d’être vigilants et d’éclairer les résidus d’expression de ces schémas. 
    Les progrès médicaux des trente dernières années ont laissé supposer que nous parviendrions à une toute-puissance curative dont on voit bien aujourd’hui qu’elle n’est qu’illusion. 
    L’addiction au travail, la culture de l’oubli de soi dessert l’ensemble du «corps soignant». Bien souvent, nous nous refusons ce que nous prescrivons à nos patients. 
    L’evidence based médecine et les recommandations des sociétés savantes, si utiles, ont peut-être pris trop de place. En réalité, la médecine est un art qui nécessite autant d’intelligence rationnelle qu’émotionnelle, autant de savoirs que d’intuition. Le tout rationnel nous prive peut-être d’une saine curiosité pour d’autres techniques. Osons étudier et développer un panel d’outils différents voire très différents de ceux que la faculté nous enseigne, sans sacrifier notre esprit scientifique. À nous soignants d’accompagner et de laisser éclore les praticiens de demain. 


Quels moyens la société est elle prête à mettre en œuvre pour que nous puissions agir et chercher dans cette direction ? La ressource humaine des soignants ne couvre actuellement pas les besoins nécessaires à la simple écoute. Cette mutation ne pourra se faire sans une volonté commune.


Quelle définition pour la santé ? Le concept de santé est encore trop souvent confondu par certains comme l’absence maladie ou de handicap. La santé peut encore être considérée comme un capital soumis à l’inexorable oxydation temporelle. En réalité, la maladie appartient à la santé. Elle est la phase terminale d’un déséquilibre qui conduit à un nouvel état d’équilibre. 
Selon l’OMS la santé  est un « état de bien-être physique, émotionnel, mental et social ». Alors le soin ne peut être qu’individuel. Un individu au sein d’un environnement, au sein de l’écosystème humain. Qui que nous soyons, nous sommes donc tous soignants puisque participant par nos comportements à construire l’environnement dans lequel nous vivons. Chacun est donc responsable à titre personnel dans la relation avec le corps, les émotions, les pensées, et,

à titre collectif : comment j’interagis avec le monde et ce que je lui offre. 
Les composantes physiques individuelles (biologique et génétique) sont d’ailleurs elles-mêmes soumises aux facteurs environnementaux. L’intérieur et l’extérieur interagissent et s’accordent. 
En tant que soignant, notre champ d’action ne se limite pas à la simple recherche et prise en charge d’une pathologie objective. Une des questions essentielle est : Voulons-nous vraiment participer à la promotion d’une santé globale, physique émotionnelle et mentale ? 


Bien avant la maladie elle-même, il y a un univers mal exploré. La médecine préventive balbutiante cherche dans cette voie. Elle est peu investie par les médecins car moins reconnue et peu lucrative. (C’est un des paradoxes du système de santé rémunéré à l’acte). C’est pourtant vers elle qu’une part du corps soignant devrait pouvoir concentrer son énergie pour intervenir de manière plus fine, plus douce, plus précoce. Finalement, pourrions-nous nous donner pour objectif d’être toujours plus précoces, vers la source du déséquilibre physiologique ? Il s’agirait ici d’une physiologie non normative mais propre au patient, incluant son code de base, sa normalité propre. Où commence la médecine préventive?


La frontière entre santé et maladie est floue, car elle est aussi individuelle. Le patient est donc l’acteur principal de sa santé. Chacun à titre individuel doit se relever et investir ces questions dans un esprit ouvert et une autoanalyse sincère. Quel patient suis-je ? Quelles sont mes attentes ? Quelle est ma responsabilité dans ma relation avec mon corps ? Qu’est-ce que la santé ? Comment suis-je acteur de ma santé ? De quelle médecine ai-je réellement besoin ? 
En effet, on ne peut vouloir tout et son contraire. Le tout sécuritaire induit une médecine froide et procédurale. Le déni de mort induit l’acharnement thérapeutique. La consommation médicale anxieuse non responsable surcharge le système de santé. L’exigence d’instantanéité sature le système. L’exigence de résultat est aussi source d’erreur. Le jusque boutisme organique conduit à une multiplication des examens complémentaires et au nomadisme médical.


Pour moi, qui suis à disposition dans cette interface de soin, mon challenge est de participer à ce que chacun soit si responsable de sa santé que mon intervention deviendra inutile. 

Comment ça « conscientiser mes chakras » ??? Présentation de WCWA - émission radio