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Sans frontière

15/11/2020

Sans frontière

Les émotions se présentent, selon les circonstances, avec plus ou moins de puissance et d’envahissement. 
Elles sont une force émergente qui devient consciente à travers leur impact dans le corps.
Le cœur amoureux « bat la chamade » ou est « est au bord des lèvres » lorsqu’il est révulsé. « Le souffle est coupé », « le sang qui ne fait qu’un tour » ou encore « le cœur est en berne » lorsque les peurs sont vives et les peines profondes. 
Bien qu’invisible, le courant de l’émotion peut être intensément perceptible.

Ceci nous définit comme une entité au sein de laquelle corps, mental et émotions ne cessent jamais leurs concordances, tant dans un sens que dans un autre. 
C’est bien connu en médecine comme ailleurs. L’activité physique améliore l’humeur et une respiration calme apaise les angoisses.
Pharmacologiquement, les antidépresseurs peuvent être prescrits pour calmer les douleurs et c’est la puissante décontraction psychique des opioïdes qui induit des toxicomanies.
Soulager le corps modifie nos humeurs et réciproquement.
Les frontières entre corps, mental et émotions ne sont donc qu’un concept sans réalité. De même que l’eau peut être gelée, liquide ou gazeuse, ils ne sont qu’une seule et même entité sous différents états.
La maladie, qui signe un défaut d’harmonie, comporte donc toujours des idées dysfonctionnelles et un magma émotionnel toxique lié aux déséquilibres physiques. 
Chez le douloureux chronique la composante dépressive est quasi constante, chez l’endeuillé les manifestations physiques sont innombrables.
Chaque état comporte des “symptômes” dans les différentes sphères de perception. Une peine s’accompagne par exemple d’idées mélancoliques, d’anorexie et de troubles du sommeil. 
Rien n’est séparé, tout est résonnant. À tel point qu’il est bien présomptueux de désigner le mouvement premier. Savoir si la complexité émotionnelle est la conséquence du désordre physique ou l’inverse introduit de nouveau des concepts incertains.

L’intrication est totale et il est souvent judicieux d'emprunter des chemins multiples pour libérer les composantes d’un déséquilibre.

Désirs, plaisirs, bonheur : apport des neurosciences

08/11/2020

Désirs, plaisirs, bonheur : apport des neurosciences

L’étude des neurosciences est source de savoir sur le fonctionnement comportemental de l’être humain. Nous verrons ci-après que la motivation qui nous pousse à agir demeure intimement liée au plaisir mais aussi à la peur.
Ainsi éclairés, avec un minimum d’envie, nous pouvons regarder avec un œil avisé toutes nos dépendances et la source de nos actions. Cette compréhension nous indique aussi les moyens de ne pas agir de manière inconsciente dans le cercle vicieux d’une boucle cérébrale et ébauche un chemin vers la liberté.

 

À l’échelle du cerveau, toute action est issue d’une stimulation hormonale et électrique plus ou moins complexe. Tout est régulation. L’action est engendrée par l’activation de deux circuits : soit celui de la récompense , soit celui de la punition.
Le circuit de récompense (aussi appelé circuit du plaisir) au départ, favorise  - par la sensation de forte satisfaction qu’il engendre -  le maintien de l’assouvissement de nos besoins fondamentaux. Ce circuit s’est perfectionné au cours du développement humain pour que l’homme répète les expériences plaisantes apprises. La dopamine est la principale hormone en jeu dans ce circuit complexe. Son re-largage par les neurones permet d’anticiper un plaisir, de donner la motivation à l’action qui générera la récompense, de rechercher un objet de gratification. C’est à la fois l’hormone du désir et du plaisir. L’apprentissage par l’expérience (telle action entraîne tel effet) et la qualité du plaisir ressenti permettent au système de s’autoréguler. 
Ainsi, nous aurons tendance à répéter les mêmes actions pour obtenir les mêmes effets , à augmenter les stimulations et enfin à se détacher de l’objet du plaisir si celui-ci n’offre plus la qualité de sensation attendue (intervient donc une certaine forme de mémoire du circuit). Ce système dopaminergique est directement en lien avec le cortex préfrontal. C’est le cerveau primitif qui peut donc influencer directement nos comportements. 
Le circuit du plaisir est aussi le lieu d’action de la plupart des drogues. Mais il existe aussi des addictions sans drogue, issues de certaines activités entraînant un stress. On peut ainsi devenir accroc au travail et au sport. Pour contenir un excès de noradrénaline dû au stress, les endorphines (opiacés produit par le corps) augmentent, amenant la disparition de l'inconfort et même une impression d’euphorie.

 

L’autre circuit, dit de punition est un système d’alerte au danger. Il prépare en cas de danger et génère la fuite ou, à défaut, la lutte. En cas de réussite du système d’alerte, la dopamine est aussi sécrétée en récompense (plaisir d’avoir échappé au danger). 
Il existe aussi une voie où ni lutte ni fuite ne sont possibles. C’est la voie de l’inhibition : aucune action n’est possible. Cette voie n’a pas vocation à être empruntée de manière chronique, sans entraîner des répercussions sur la psychologie de la personne.

 

Une autre hormone, la sérotonine a un rôle important dans la régulation de la voie de la motivation. Elle est neurotransmetteur et neuromodulateur. Elle agit de manière antagoniste (opposée) à la dopamine sur le comportement. Elle réduit ainsi la prise de risque et pousse l’individu à se maintenir dans sa situation favorable. Elle régule l’humeur, le cycle circadien, le sommeil, la sensation de satiété etc.. Elle a un rôle important dans la genèse de la douleur.
À taux fixe, elle engendre la sensation de bien-être sans cause autrement dit le bonheur. Sa dérégulation joue un rôle dans les états dépressifs, stress, anxiété et autres maladies psychiatriques. La méditation pleine conscience, la marche, le yoga augmentent par exemple le taux de sérotonine.

 

>> Quelles réflexions amorcer devant ces observations neuro-scientifiques ?

 

Le circuit neuronal de punition propose face à la peur de fuir ou alors de lutter. La peur peut être un handicap dans nos vies et nous empêcher d’affronter certaines situations. Pour trouver la Liberté dans l’action, il nous faut donc trouver, face à ce stimulus, une réponse alternative qui est ni fuir ni lutter.

 

Par ailleurs, il existe une perversion du circuit d’inhibition, initialement destiné au maintien de la vie en cas de danger. Il est devenu prépondérant dans de nombreuses circonstances humaines. Les personnes sont paralysées, à l’arrêt dans leur vie, incapables d’envisager une attitude nouvelle. Mais où est donc ce danger ? Cette question permet de commencer à lever l’inhibition.

 

Le bonheur, sensation de « bien-être » sans cause, n’est pas lié au faire, à l’action. Ainsi l’homme, dans un « tout action », ne pourra jamais accéder au bonheur car il ne porte pas son attention au bon endroit.

Le circuit de récompense est une machine que nous huilons tous les jours. C’est un outil utile, pourtant pouvons-nous le regarder avec lucidité ? Pouvons-nous observer l’attachement aux objets de désir ?
Si le bonheur est ailleurs, un état qui ne s’acquière pas mais qui est, alors le détachement est possible. Il est instantané.
Dans ce mariage entre la motivation et le détachement, l’action devient légère, elle peut se poursuivre et se transformer.
Enfin, peut-on apprendre à choisir consciemment nos désirs et sources de plaisirs et libérer la voie du danger ?

L’animalité retrouvée

04/11/2020

L’animalité retrouvée

Il est surprenant de constater combien de nombreuses personnes sont coupées de leur présence corporelle. Cette relation au corps nous fait sentir ce qui est bon pour son fonctionnement de manière tout à fait naturelle.
Le corps est une incroyable machine si divinement réglée. L’étude de celui-ci jusqu’au fonctionnement cellulaire et biochimique permet de constater combien son équilibre est subtil au sens de précis. Tout y est harmonie, il s’adapte à tous les écarts et excès de manière merveilleuse. Ceci reste vrai jusqu’à un certain point où ces adaptations mettent en péril son propre fonctionnement organique. Le retour à un état initial est parfois impossible.


En se coupant de cette relation naturelle, animale au corps, l’être humain se prive donc d’informations capitales à sa santé. Il se dissocie.

L’activité physique, l’action créatrice, le repos et l’inaction sont tous essentiels à la santé.
La société dite moderne laisse peu de place à cette vision d’une vie d’équilibre. À l’image de la majorité qui la constitue, elle promeut la pensée, les rythmes standardisés, l’action productive. Nombreux sont ceux qui demeurent souffrants comme enfermés dans ces schémas.
L’être humain, doté de conscience, serait donc muni d’un corps qui n’obéirait pas aux règles de l’ensemble du monde animal ? Comme si l’homme pouvait soumettre à merci le corps à l’immobilisme, au stress, à la surcharge énergétique et émotionnelle.

 

Le corps est donc désinvesti. Il manque du minimum d’hygiène, de soin, de plaisir du mouvement. La vie programmée (l’agenda) est consacrée au faire et, lorsqu’il n’y a pas d’action, à la rumination et la projection mentale. Cet abandon peut être circonstanciel ou non. C’est là que la lucidité doit intervenir car les excuses sont nombreuses. Petit à petit s’installe le règne de la pensée, de l’anesthésie corporelle, du refoulement émotionnel.

En effet, le corps est aussi le support d’expression d’autres informations plus bruyantes que sont les émotions. Dans un fonctionnement optimal, l’émotion traverse le corps sans aucune résistance. Souvent l’émotion jugée négative est refoulée, non vécue. Le filtre mental applique la sélection positive : seule la joie, « gold standard » de l’émotion, est autorisée. Toute autre émotion est censurée.


Sous l’effet d’une gâchette, l’émotion réveille une sensation qui est donc rejetée. Les mêmes causes entraînant les mêmes effets, c’est l’escalade dans le temps d’émotions toujours plus refoulées et de sensations corporelles qui se présentent toujours plus intenses. Ces répétitions ont des répercussions neurohormonales soumettant le corps à un stress. Pour quelles conséquences au long cours ?

La pensée, pièce maîtresse de ce fonctionnement dissocié prend trop de place.
Pour sortir du cercle vicieux, autorisons l’émotion ; redonnons au corps sa juste place dans nos vies. Soyons les garants de l’équilibre.


Le corps, source de plaisirs comme de douleurs, est un élément d’information essentiel à l’équilibre de l’humain. Plus que toute autre chose, il est le support mémoriel de l’humain, le vecteur indispensable de l’émotion.

Il est vie et permet de faire l’expérience de la vie.

Entretien vidéo

01/11/2020

Entretien vidéo


Le déni de magie

31/10/2020

Le déni de magie

La vie est pure magie. L’arbre qui se nourrit de lumière pour mieux habiter la terre en est le témoin quotidien. 
Si l’on peut en expliquer le mécanisme, il n’est pas possible de localiser ni définir l’Intelligence originelle qui le permet.
L'évolution n’explique pas l’origine du principe avec lequel elle s’évertue systématiquement vers le progrès.
Où que l’on remonte, il ne reste que des pourquoi.
Pourquoi un principe de survie ? Pourquoi un principe d’ordre, de toujours mieux, de plus sophistiqué, de plus raffiné et plus complexe ?
Pourquoi un principe d’amour, de lien, d’intrication, de correspondance et d’influence réciproque ?
Comment la poésie des mathématiques du vivant ? Pourquoi le pouvoir des couleurs ?
Pourquoi la beauté ?
Nous décrivons, analysons, ressentons parfois mais personne ne qualifie le principe de cette magie dans son ensemble.
Nous l’appelons hasard, Vie, Univers, Source, Intelligence Supérieure ou Cosmique, Création, Éternel, Conscience, Dieu, Un, Absolu, Suprême ou Sans Nom. 
Et il devient un tissu de croyances que chacun regarde d’un œil suspicieux parce que le sien n’est jamais exactement le même que celui du voisin.
Tant d’abominations ont été commises au nom de cette possible “vérité” que nous en avons conçu une méfiance, si ce n'est un rejet.
Nous tentons depuis d'échapper à ce risque  en ignorant la dimension non physique de l'existence. 
Elle est pourtant partout, elle est même son principe fondamental.
La science est la magie que l’on est parvenu à modéliser, les religions sont la magie que l’on a tenté de légiférer.
Et déniant la magie du monde nous en réfutons la nôtre. 
Avoir abandonné, par affranchissement religieux, la simple reconnaissance d'une Intelligence supérieure est une dramatique sentence d’ignorance.
À ne pas nous émerveiller devant le mystère prodigieux de la Vie, il reste une version appauvrie, triste et sans espoir de nous-même.
Se vivre à l'état de lombrics, convaincu d’un destin chaotique sans pouvoir ni objectif, de passage uniquement pour défendre sa survie, son plaisir et disparaître, est le principe d’existence le plus déprimant que notre humanité puisse adopter. Il n’est pas surprenant qu’elle en soit devenue suicidaire. 
Notre mort serait la fin de ce que l’on est, notre vue serait la garante de ce qui existe, notre intellectualisme la seule voie d’accès à l’information.
Nous vivons dans la peur que cette version réduite de nos existences soit vraie. 
Les mystères du génie, de l’inspiration, de l’intuition, de la précognition, des expériences mystiques spontanées ou induites nous racontent pourtant une tout autre version de notre espèce.
Les médiumnités multiples, les rêves lucides ou les guérisons miraculeuses, les expériences de morts imminentes tentent de nous indiquer d'autres possibilités.
À l'instar de l'infini microscopique de la vie biologique, l’univers de la vie non-perçue est aussi vaste qu’inexploré. 
Dans nos sociétés, qui cicatrisent leurs passés religieux, l’omerta règne sur cette curiosité, ces espoirs ou ces expériences.
Mais progresser dans notre quête de savoir et de liberté demande d’autoriser cet enthousiasme. Nous avons à nous réconcilier avec le mystère et son omniprésence. Il est tout ce qui existe autant que ce que nous sommes. Il est le démenti de nos petitesses. 
Nous avons besoin de lui. 
Il est le garant de notre vérité, l'objectif de nos courages. 
Il est la raison pour laquelle nous sommes, quelles que soient ses conditions, irrémédiablement animés par la vie.

Un corps heureux

30/10/2020

Un corps heureux

Le corps aime le mouvement, le repos, l'odeur des pins et de l'iode, le bruit du vent dans les arbres, le rayon du soleil sur la peau, manger frais et vitaminé. Il est important pour lui d'être immergé dans la nature, de s'activer, d'être ressenti. 
Cela le nourrit des éléments dont il est issu.
Il se détend également dans la tendresse et la liberté. Il s'exalte dans le jeu et la créativité. Il se régénère dans l’expression. 
Un corps heureux est une vraie raison de vivre. 
Cultiver une vie sensorielle plaisante, la rééduquer quand elle a disparu, est une base solide de réparations.
Dans les institutions, y compris hospitalières, ces facteurs fondamentaux de santé sont négligés.

 

Ces bases sont oubliées car il flotte en nous une vieille idée que le confort soulage mais ne guérit pas. Hérité de nos médecines de guerre, la vision de l'efficacité est associée à l'instantanéité, au spectaculaire et à la contrainte. 
L'amélioration que l’on retient est celle que l’on constate dans l’immédiateté. Or le soin du confort est lent. Il prend le temps du perfectionnisme vivant. 

Le bien-être est donc considéré comme un pis aller, la version spa de l'accompagnement médical accordé en désespoir de cause. Quand on attend plus que la mort, on a le droit de le faire dans la douceur. Quand on a épuisé tous les traitements dits “agressifs”, on offre les soins de “support”. Ce sont les terminologies consacrées. 
L'efficience médicale est conçue comme une bataille et la guérison comme une victoire. 

 

Pourtant, comme le reste de l'humain, le corps optimise ses fonctions dans la sécurité et la bienveillance et se déséquilibre dans la peur et la tension. C’est aussi vrai d’un point de vue du bien être que dans les données biologiques. 

Le corps, comme tout ce qui est vivant, aime la confiance, l'attention et la détente.
Soigner c'est aussi pour chacun désapprendre cet oubli.

L’être humain derrière la blouse

29/10/2020

L’être humain derrière la blouse

" Nous avions cette conversation avec des consœurs de l'association récemment. On a tendance assez souvent à opposer les caractères de "scientifiques" et "d'humains" et à croire que la médecine scientifique moderne serait inhumaine. Ce qui est absolument faux. Simplement ce qui est inhumain là-dedans, c'est de nier la vérité de l'instant. 

Et la vérité de l’instant n’est pas toujours confortable. Loin s’en faut. 
Si la vérité de l'instant est "à ce jour voilà ce que l'on sait et on n'en sait pas plus et je me sens impuissant par rapport à votre symptôme ", c'est tellement plus vrai dans la relation que ce qu'on s'impose dans la posture du sachant. Ça n’enlève rien à toutes les fois où on est le vecteur juste du soin et de la guérison. 
Et si la vérité de l'instant est « en cet instant mon patient cherche une autre ressource et j’aimerais bien en savoir plus, cela me semble être de la superstition mais cela m’interroge quand même », alors c’est tellement plus vrai de suivre cet appel à découvrir plutôt que le réprimer par principe et par identification au métier.

J’ai découvert le Dre Nancy Yen Shipley récemment. Cette conférencière américaine et chirurgien orthopédiste, a avoué sur son blog (en anglais) qu’à l’époque où elle était étudiante en médecine, une petite voix dans sa tête lui disait : « Ils vont te démasquer, imposteur ! » et que ceci l’a suivie bien longtemps durant sa carrière. Ce « syndrome de l’imposteur » touche toutes les professions mais on sait que les médecins y sont très sensibles du fait des conséquences que peuvent avoir leurs décisions. La conclusion de l’étude canadienne publiée en 2018 dans la revue Academic Medicine sur ce sujet indique que « le doute de soi affecte de manière variable les cliniciens à tous les stades de leur carrière».
Pourtant il nous est asséné « ne montre jamais que tu ne sais pas, ne montre jamais que tu doutes ». Et c’est ce qu’apparemment on attend de nous. 
Intérieurement il se crée alors des stratégies de mensonges pour toujours laisser croire à la façade du sachant. Ce sont des postures et ces postures finissent par coller à la peau. 

 

L'identification à la fonction est très forte de manière générale dans ce monde et en particulier dans le domaine des soins et de la médecine. Il n'y a pas de jugement à porter là-dessus du tout mais simplement il y a quand même une certaine libération quand on comprend qu'on a une fonction bien au-delà de ce rôle-là…
La prise de pouvoir qu'implique le rôle auquel on s'associe est finalement délétère à la fois pour celui qui vient vous voir et pour soi-même. Car en fait on se fait violence à soi-même là-dedans. Il ne s’agit pas de nier nos savoirs, nos forces, notre capacité à soigner, à traiter. Mais il s'agit de pouvoir se reconnaître aussi dans ses faiblesses, dans ses interrogations, dans son non-savoir, dans sa qualité de non-sachant quand c'est le cas. 
Et oui, le fait de pouvoir dire pour un médecin « je ne sais pas » est difficile. On nous apprend qu'il est inconcevable de pouvoir avouer au patient qu'on ne sait pas ou qu'on n’a pas les réponses. Je suis un être humain avant tout car si je suis identifiée à mon rôle de médecin, je dois assumer le fait que je saurais tout notamment sur le fait de prendre en charge un patient, que je connais tout de son corps de son fonctionnement et ça, c'est en fait un immense mensonge ! Le doute fait partie intégrante de nos existences.

 

Par ailleurs, cela nous renvoie aussi à notre propre sensation d'impuissance par rapport à nous-mêmes. La relation thérapeutique est aussi une extériorisation, une projection à l'extérieur de soi de son rapport à soi-même et donc de son rapport à l'impuissance et ici particulièrement à l'impuissance corporelle - la peur de la maladie, la peur de la mort. Ce sont des espaces très souffrants à traverser. Mais l’authenticité passe par là. 

 

Nous pouvons diversifier à l’extrême le panel de méthodes de guérison : la médecine classique scientifique continue de réaliser des prouesses et les médecines dites alternatives s’enrichissent chaque jour de nouvelles manières d’aborder l’humain. Et là-dedans, on peut considérer que chacun d’entre nous joue parfaitement sa partition.  La seule chose qui peut être rajoutée à cela, c’est la conscience qu’au-delà des corps physiques, il y a aussi beaucoup de travail à effectuer sur nous-mêmes. "

 

Extrait d'interview par Céline Dupuy (professeur de yoga) et Sylvie Dezeustre (psychologue)

Être acteur pour une meilleure santé

28/10/2020

Être acteur pour une meilleure santé

Quel rapport entre science et spiritualité?
Quelle est la place concrète de nos dimensions invisibles dans notre santé?
Quel intérêt de les explorer ?
Qu’est ce que l’Intelligence du coeur ?
Est ce que ça soigne ?
Est ce accessible à tous ?
Quelles compétences à la clé ?

 

Interview menée par Alexandra Célérault et mise en image par François Breton.

 

 

On a consulté pour vous « Le guide de la médecine intégrative de la Clinique Mayo »

27/10/2020

On a consulté pour vous « Le guide de la médecine intégrative de la Clinique Mayo »

Dans le cadre d’échanges transfrontaliers avec des confrères suisses, j’ai eu l’occasion de consulter ce guide édité chez Planète Santé. 

 

Plantons le décor : La Mayo Clinic  (basée aux USA dans le Minnesota) est considérée comme le meilleur établissement hospitalier au monde. Je ne suis pas une grande adepte des palmarès mais si la Clinique Mayo arrive en tête du classement annuel Newsweek toutes spécialités confondues sur ces dernières années, c’est en particulier pour la qualité de la recherche et de la formation. Parmi les points clés qui justifient sa réputation d’excellence depuis plus de 100 ans, citons :
- sa branche éducative à but non lucratif, 
- une politique d’innovation médicale à la pointe et notamment un focus dans le domaine biomédical, 
- un volume impressionnant de protocoles expérimentaux faisant de la Mayo Clinic le leader mondial dans la conduite d’essais cliniques multicentriques, 
- un réseau qui dépasse le cadre de leurs propres établissements avec des organisations partenaires aux USA et dans le monde, 
- une coordination des soins inégalée,
- et surtout une valeur fondamentale qui est de faire passer le patient avant tout ( car même si aujourd’hui ceci paraît être un pré-requis pour tout établissement, dans les faits les organisations complexes peuvent brouiller les résultats de cette intention initiale). 
Ceci a été résumé par : « un écosystème complet qui s’est donné pour mission de fournir tous les jours des soins optimaux à chaque patient grâce à l’intégration de la pratique clinique, de l’éducation et de la recherche ».

 

Me voilà donc invitée à faire un petit voyage au cœur de mes idées reçues…

 

Idée reçue n°1 : Une fédération hospitalo-universitaire de cette ampleur n’a probablement que faire des thérapies dites alternatives et à ce que les patients expérimentent hors des circuits classiques.

>>> Pourtant , j’ai dans les mains ce guide d’environ 300 pages signé le Dr Brent A. Bauer, du département de médecine interne et fondateur du programme  « Integrative Medicine and Health » de la Mayo Clinic.
On m’explique que les activités de recherche à la Mayo Clinic reposent sur l’alliance de différents éléments dont « une vigilance à orienter la recherche vers la réponse à des besoins non satisfaits des patients » et « un effort pour favoriser la collaboration entre les différentes équipes et disciplines ». Ce guide a donc été édité pour répondre aux patients en éditant une photographie des différentes thérapies pouvant les aider à aborder leur santé de manière globale.

 

Idée reçue n°2 : Cela pourrait être une vulgarisation médicale « à charge » 

>>> J’y découvre des propos très bienveillants, étayés, cherchant véritablement à dégager ce qui dans chaque pratique est source de bénéfice clinique, avec des avis d’experts, un système de « feu vert » et surtout une récurrente notion invitant le lecteur à explorer ce qui LUI semble juste tout en maintenant le dialogue avec son médecin.

 

Idée reçue n°3 : Ils ont dû s’arrêter au strict minimum, à savoir à la Mindfullness et à l’hypnose, aujourd’hui bien acceptées.

>>> La liste des pratiques « passées en revue » est large. On peut même lire en quatrième de couverture « comment la spiritualité, quelle qu’en soit sa forme, peut donner un objectif et un sens à votre vie ? ».

L’équilibre corps-esprit est au cœur de la démarche. 

 

Idée erronée n°4 : Les américains dépensent pour leur santé, ceci alimente une économie du « bien-être »


>>> Ils ont pensé à tout, il y a même un chapitre dédié à « la médecine intégrative à petit prix ».
J’ai été également sensible à la partie intitulée « comment trouver des informations scientifiques fiables ».

 

Ce livre est là, bien en vue sur mon bureau et il me rappelle que ma dernière idée « c’est possible aux USA mais ici en Europe il y a encore trop d’oppositions » est forcément aussi fausse que les autres et qu’ensemble, les membres de notre association WECAREWEARE, nous en sommes la preuve. 

 

En préparant ce billet, je découvre cette citation qui dit-on est un classique à la Mayo Clinic :


Equilibre

24/10/2020

Equilibre

Dans notre médecine actuelle, l'ingénierie qui vise à préserver la vie et la faire fructifier est confidentielle. La médecine préventive, qui a l’ambition d’éviter la survenue de la maladie, est une goutte d’eau dans l’océan de l’interventionnisme. 
Le peu d’intérêt que suscite encore cette branche de notre art, pourtant prometteuse, est flagrant.
Peu de disciplines et de recherches spécifiques visent au maintien voire à l'expansion de la vitalité humaine.  Nous ne disposons pas d’expertise des ressources naturelles, d'étude de ce qui les soutient comme de ce qui les délite. 
Il n'y a pas de science de la potentialisation de nos compétences intrinsèques. 
Les innombrables bienfaits du mouvement, l’art de développer sa capacité adaptative, la modulation d’un effet placebo ou nocebo et même l’influence primordiale de l'alimentation comme de nos humeurs, sont des éléments marginalisés. 
L’art du renforcement du corps sain est inconnu,  la réparation du corps malade est principalement recherchée.
Il est su que nos performances de santé peuvent être intrinsèquement modifiées mais cette voie n’est que peu explorée. Ce capital vital reste dormant et tous les appels de fonds ne se tournent que vers l’extérieur.
Réparer et même parfois littéralement ressusciter est la compétence réelle de la biomédecine mais préserver l’équilibre de l’existant peine à être ne serait-ce qu’un sujet d’attention.
Pourtant l’Organisation Mondiale de la Santé la définit comme étant “ un état de bien-être physique, mental, social et même environnemental… qui ne se résume pas à l’absence de maladie.”
Cette description souligne l’importance d’une harmonie générale et l’influence de chaque dimension de l’existence. 
Elle pose également un autre fondamental : être en santé ne se mesure pas. 
C’est un état subjectif qui ne peut se décréter que par l’intéressé lui-même et dans lequel intervient l’ensemble de son expérience dont il est seul à connaître la réalité vécue. 
Certains se vivent en santé malgré un sévère handicap, d’autres se sentent profondément malades malgré un corps fonctionnel.
La réalité de la vie n'est jamais générale mais toujours particulière. 
Anatomiquement il peut sembler qu’une uniformisation mécanique du corps soit possible. "Un cœur est un cœur". Mais de quoi parle-t-on qui appartienne à sa vie réelle ? De la forme, du débit, de son rythme ou même de la subtilité des informations qui s'échangent depuis lui ? Rien de tout ceci ne sera exactement pareil chez le voisin. Et l’on ignore jusqu’à quel point la différence existe. Il est des greffés du cœur qui ont vu leurs goûts alimentaires et artistiques, leur sensibilité émotionnelle et leurs aspirations être bouleversés.
Un cœur est un cœur si l'on reste au niveau de son principe, il est unique dès que l'on descend dans la réalité de son existence. 
La vérité du corps n’est pas une théorie, c'est un ressenti. 
Le propriétaire en est donc un expert insubstituable.
Depuis ce constat, la relation de soin s’impose comme un partenariat dans lequel l’échange vise à renforcer l’exploration et les connaissances de chacun.