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L’expédition humaine

17/03/2021

L’expédition humaine

Par le Dr Sophie Mainguy-Besnier

L’aventure de l’exploration intérieure permet un constat des plus stupéfiants. `
Elle mesure à quel point nous pouvons traverser l’existence dans l’ignorance massive de ce que nous sommes et des besoins qui sont les nôtres. 

 

Parce que nous connaissons maintenant le monde de la double hélice de nucléotides, celui des ribosomes et des neurotransmetteurs ou encore les infinies combinaisons de la synapse, nous avons l'illusion de savoir ce qu’est un être humain.
Les descriptions anatomiques, systémiques, organiques, moléculaires voir atomiques, nous incitent à croire que nous avons percé le mystère de la Vie et que nous sommes maintenant les dépositaires de ses plus profonds secrets.

 

En réalité il n’en est rien.
En tout cas pas depuis ce savoir-là.

 

Ces versions de nous-même ne sont que les sécrétions matérialisées de la sophistication infinie qui nous organise.
Qu’ils soient micro ou macroscopiques, ces mondes concrets ne constituent pas l'intelligence de la Vie : ils la reçoivent.
Tout comme la reçoivent le reste du vivant ou les univers moins substantiels de nos pensées, de nos émotions ou encore de nos inspirations. 
Finalement, nous faisons le constat de son existence sans identifier la source de cette intelligence créative qui encode la Vie avec ingéniosité. 

 

Si le mystère de son origine reste intact, il est tout de même possible de préciser les lois universelles qui la soutiennent autant que celles qui la sabordent.

 

À ce titre, les mondes de l’attention, de l’intention, de la connexion et des états d’être ont aussi leurs mathématiques.
Ils ne sont pas des fatalités et répondent à des règles de bonnes utilisations. 
Découvrir ces mécaniques est la source réelle du changement. Cela se nomme devenir conscient et cela implique d'être patient autant qu’endurant.

 

Car l’inconscience, qui tire sa force depuis le confort que procure son maintien, est puissante.

 

Il est par exemple su aujourd’hui que l’anthropocène* concourt à la sixième extinction de masse de la Vie sur terre. Celle-ci agonise donc littéralement. On ne se précipite pourtant pas à son chevet. 

 

Contre tout bon sens évident nous préservons notre inconscience. Cela nous protège de la douleur ressentie lorsque nous ouvrons les yeux. 
L’inconscience repousse le moment fatidique. Celui où quand le progrès se fait, toute l'absurdité qui l’a précédé nous agresse. 
Ainsi percevoir et respecter la magnificence de la Vie c’est faire exploser l’énormité actuelle de son mépris.
Tels des enfants trop meurtris par leurs propres erreurs, nous préférons en dénier la réalité.
Mais pour accéder à l’espèce consciente qui nous attend, pour peut-être même simplement survivre, il faudra bien accepter de regarder les enfers d’ignorance infligés.
Si l’on doit percer le malheur et passer outre lui, Il faudra bien que l’on se pardonne de ne pas être nés déjà achevés, de ne pas avoir su être la fleur avant d’avoir vécu la graine.

 

Soyons courageux, personne n’est épargné. 
Pour chacun d’entre nous l’intelligence est en progrès, la sensibilité en floraison et la maturité en devenir.

 

* anthropocène = époque de l'histoire de la Terre qui a été proposée pour caractériser l'ensemble des événements géologiques qui se sont produits depuis que les activités humaines ont une incidence globale significative sur l'écosystème terrestre.

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