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Le temps d'avant, avant le temps.

27/03/2021

Le temps d'avant, avant le temps.

par le Dr Hélène Coulier

Il y a un an, une partie de l’humanité voyait son monde s’arrêter.
De toutes petites choses aux grands effondrements, chacun à sa manière est dans un processus de deuil.
Pour beaucoup, le cadre semble s’être rétréci, la ressource par le travail être en danger, la culture et l’art relégués au monde virtuel, les contacts humains compromis…
En quelques pensées, nous pouvons nous projeter dans un futur dystopique.

 

Alors à quand le retour à la normale ? La réponse serait : jamais et comme toujours.

 

Ce retour à la normale est un fantasme. Personne ne peut dire ce qu’était « Avant ». 
La norme, quant à elle, est une idée personnelle et instantanée.
« Avant » est composé de la somme des expériences du vivant au travers d’un espace temporel. 
Rien dans le passé ne peut être dissocié.
En réalité, à chaque minute ce monde d’avant disparaît.
Dans notre état naturel, nous laissons aller le passé. Nous conservons en mémoire les apprentissages et une vague histoire personnelle. Tout le reste presque invisible, nous colle à la peau, comme un héritage en permanente demande de validation. Mais quelque chose en nous ne dépend pas du temps.
En réalité, nous sommes des êtres intemporels que la mémoire rappelle. 

 

La mémoire individuelle est sélective, orientée, contextuelle. Le cerveau associe et compacte des souvenirs, les modifie, les arrange. Il comble les trous. C’est ainsi que nos souvenirs personnels sont plus ou moins faux. Alors, en cas de crise nostalgique, soyons conscients que nous sommes dans un monde factice. 
Et puis, il y a la mémoire non factuelle primitive, corporelle, collective. Celle qui nous fait percevoir le danger (parfois de manière tellement inadaptée que s’en est amusant). Celle qui nous aide à faire des ponts avec nous-même et entre nous, qui nous offre son expérience infinie et nous renvoie à plus grand.
La mémoire collective est l’infini des possibles dont la somme est nulle. S’attacher à un de ses fragments est comme décider que l’air enfermé dans une bouteille vide est une atmosphère. Cela est faux et vrai. Nous décidons de ce que nous en faisons. Nous pouvons donc nous en servir ou nous y piéger.

 

En réalité, depuis un an rien n’a changé sauf le décor. Nous restons ce que nous sommes.

 

Pourtant, chacune de nos actions, si banale soit-elle, peut émaner du passé. Elle conditionne alors littéralement le futur au passé. La force de l’habitude est telle que cela se répète encore et encore. Tant que nous tenons la ficelle du passé rien de nouveau ne peut apparaître. 
Les mêmes pensées continuent à régner sur notre univers et conditionner nos actions. Lutter contre la pensée est vain et inutile. Voir son fonctionnement et proposer notre alternative est créateur.

 

L’être humain est un être de relation. Quel que soit son niveau de conscience, l’humain grandit au travers de la relation. L’isolement le fait stagner ou dépérir. 
Chacun de nous aspire à partager au travers de la relation, ce qu’il est. 
Chacun désire se connaître et se reconnaître, s’honorer par ses pensées ses mots et jusque dans ses actes. Nous ne sommes pas obligés d’opter pour un changement aveugle et résigné.  Nous pouvons laisser faire ce qui, en nous, est libre et cherche à s’exprimer. 
À l’échelle individuelle, l’invitation n‘est pas seulement de sublimer ce qui est derrière nous. L’urgence est d’investir ce qui nous porte, nous réveille. Ce qui est simple et beau à nos yeux. Et de le mettre en œuvre. 
Collectivement, lorsqu’une idée, un projet est partagé par un nombre suffisant alors il prend forme et devient réel.


La proposition est de regarder où nous voulons aller et non de scruter l’univers des pires possibles, et le chemin sera plus doux.

Le corps, reflet de la conception intime de soi L’expédition humaine