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Dans la danse

21/04/2021

Dans la danse

Article synthèse des échanges du 16 avril , par Magali Alcaraz

On est spirituel ou on ne l’est pas !

 

La spiritualité est comme la sobriété chez une personne alcoolique : elle est ou elle n’est pas ! On ne peut pas se dire sobre, et prendre quand même un verre, juste un petit, juste un dernier... On ne peut pas décider d’être sobre dans la salle de bains, dans le salon et dans la chambre mais tolérer de boire un petit verre dans la cuisine ; ou bien de ne rien boire chez soi mais accepter de boire chez les autres. De la même façon, on ne peut pas se dire sobre la semaine et se permettre d’être saoul le weekend ; « clean » avec sa famille et ivre avec ses amis. La spiritualité ne dépend ni du lieu ni du temps ni du contexte.

 

La spiritualité est un état, une philosophie de vie, ce n’est pas un trophée que l’on va placer dans une vitrine : elle ne se possède pas mais s’expérimente. Elle est une vigilance de chaque instant. En comparaison à la sobriété d’une personne anciennement alcoolique, c’est une volonté de chaque instant : la volonté de ne pas se laisser happer par d’anciennes habitudes qui apportent, en apparence, un soulagement de l’instant, mais qui, en fin de compte, nous éloignent davantage de celui ou celle que nous sommes vraiment.

 

Ainsi, si nous aspirons à la spiritualité dans notre vie, nous ne pouvons pas ne pas l’inclure dans tous les domaines de notre vie : notre vie familiale, sociale, professionnelle, sportive, créative…etc. 

 

En tant que professionnels de la santé, nous sommes amenés à rencontrer des patients : personnes en souffrance (que ce soit physique ou morale). Il est alors de notre responsabilité de leur partager cette spiritualité à laquelle nous aspirons. Il n’est bien évidemment pas question ici de faire du prosélytisme ! Dans notre posture de soignants, nous comprenons que la situation qui se présente à nous, à eux, est juste (d’un point de vue beaucoup plus large) et qu’il n’y a rien à combattre, mais plutôt à accueillir et faire grandir.  En leur offrant ce regard neuf et inspiré (qui peut s’exprimer par un mot, un discours, des gestes, des soins particuliers voire un silence) nous devenons spirituels. 

Nous élevons nos patients et nos patients nous élèvent : c’est le fameux « contrat d’élévation mutuelle » !

 

Il n’y a rien à appliquer, à calculer, à préparer si ce n’est développer notre présence à l’instant pour être capable d’accueillir ce qui se présentera. Les « protocoles » seront ici bien inutiles. Un mot aura été décisif dans la guérison du patient alpha et c’est un silence qui soignera le patient béta, alors que le patient delta pourra retrouver le chemin de la guérison avec un soin particulier, et le patient lambda se sera vu prescrire un traitement approprié.
Accueillir notre patient, l’écouter et l’entendre dans sa demande, le respecter dans ses croyances, lui permettre de s’exprimer sans tabou et sans jugement de notre part pour lui offrir ce que nous sommes. 
Le soin devient alors une danse inspirée entre le soignant et le patient : le patient fait le premier pas, le soignant enchaîne et la chorégraphie se construit. Aucun des deux protagonistes ne sait à l’avance à quoi cette danse va ressembler.

 

Le soin devient un cadeau (un « présent ») du soignant au soigné et du soigné au soignant. De la même façon, chaque rencontre est un présent pour les personnes concernées. Enfin, chaque instant est un cadeau, car « tout est bénédiction » !

Spiritualité mais encore ? Le corps, reflet de la conception intime de soi