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Spiritualité mais encore ?

21/04/2021

Spiritualité mais encore ?

Autre synthèse des échanges du 16 avril. Par Agnès Ollivier MK

         En revoyant le replay de la table ronde sur le coming out spirituel dans le domaine de la santé, je me suis amusée à noter certaines idées qui résonnaient pour moi. Merci à tous les participants de cette table ronde. Chacun a contribué à ouvrir ma réflexion.  

          Mais avant, de démarrer, j’aimerais introduire mon propos en citant un passage du livre d’Henri Gougaud (J’ai pas fini mon rêve) : 
« J’ai l’impression parfois, (…) d’avoir vécu mille ans. Et qu’ai-je fait de tout ce temps ? Des chagrins, des bonheurs, des sottises, des riens, comme tout un chacun. Mais l’ignorant inquiet que j’ai toujours été a sans cesse tenté d’explorer ce mystère qui nous fait vivants ici-bas. 
(…) J’ai posé la question mille fois au ciel vide, aux dunes du désert, à quelques vieillards de rencontre au regard d’enfants éternels. Nul ne m’a jamais répondu mais j’ai parfois senti venir à moi, je ne sais d’où, une sorte de brise amoureuse et paisible. C’est ce presque rien là qui me dit : « Parle-lui », ce presque rien sans voix qu’il ne faut pas nommer, le bruit des mots l’abîmerait. Je vais te raconter une histoire. (…) Mais n’oublie pas, c’est une histoire, ni mensonge ni vérité, ni témoignage ni leçon. Les paroles d’une chanson. »

   

Ce presque rien là qui encourage paisiblement et amoureusement à parler, à nommer les paroles de la chanson de sa vie, doit il s’arrêter aux portes des professions de santé ? 
Cette brise paisible et magique est-elle réservée à l’univers des poètes et des conteurs d’histoire ?
Ou peut-on faire le pari que l’univers du soin et de la santé aspire, aussi, à entendre vibrer la vie dans toutes ses dimensions ? 
Et que même sans avoir trouvé les réponses, la spiritualité est comme cette brise déjà présente et disponible en tout lieu et en tout temps, alors pourquoi pas dans les professions médicales ? 

 

Plus prosaïquement, comment amener sa vie spirituelle dans son offre de soin ? 
Qu’est ce qui change dans l’offre de soin ?     
Est ce la forme des propositions qui deviennent différentes ? 
Est ce une tonalité dans le goût de la relation qui diffère tandis que la proposition semble similaire ? 

 

       En apparence, il est question de 2 univers qui semblent opposés. D’un coté le soin qui dans notre système de santé, s’appuie sur une démarche scientifique, raisonnable et démontrée. Les approches proposés par une profession de santé et les procédures de traitements sont encouragés par les institutions, à être standardisés pour répondre de la manière qui semble la plus adaptée d’après les dernières recherches validées. 
Tandis que la spiritualité appartient, elle au monde de l’intuition, de l’intime, de l’individu et de ses inspirations. Chaque thérapeute offre sa vision, selon son modèle du monde, pour répondre à ce qui semble le plus adapté à la personne qu’il rencontre. 

 

Je vous propose d’explorer un peu plus ce qu’est la spiritualité, puis de répondre à la question : Pour quelle raison vouloir la rendre visible ? Et, enfin de s’interroger sur comment chacun peut réaliser l’intégration de l’univers spirituel dans le monde de la santé ? 

 

       Le temps de la table ronde sur ce thème, j’ai découvert plusieurs définition de ce chacun nomme spiritualité, cela m’a fait entre apercevoir plusieurs vision de cet uni-vers. Cela m’a donnée envie de voir la définition dans wikipédia : « La notion de spiritualité (du latin ecclésiastique spiritualitas) comporte aujourd'hui des acceptions différentes selon le contexte de son usage. Elle se rattache conventionnellement, en Occident, à la religion dans la perspective de l'être humain en relation avec des êtres supérieurs (dieux, démons) et le salut de l'âme. 
Elle se rapporte, d'un point de vue philosophique, à l'opposition de la matière et de l'esprit ou encore de l'intériorité et de l'extériorité. Elle qualifie l'activité de l'esprit en tant qu'elle se rapporte à lui-même, séparément de ce qu'il n'est pas ou plus. Par conséquent, est compris comme spirituel tout ce qui se rattache à la nature de l'esprit. Elle annonce le spiritualisme.
Elle désigne également la quête de sens, d'espoir ou de libération et les démarches qui s'y rattachent (initiations, rituels, développement personnel, Nouvel Âge). Elle peut également, et plus récemment, se comprendre comme dissociée de la religion ou de la foi en un Dieu. (...) »

 

        Les échanges ont aussi montré plusieurs acceptions complémentaires de ce que porte ce mot pour chacun et donc de sa manière de déployer sa vision dans son activité. Pour résumé, voici les grandes thèmes décrivant la spiritualité :  

une posture intérieure (alignement, présence)
un état intérieur dynamique (observateur, conscience, incarner) 
une danse cosmique du donner (partage) et du recevoir (accueil) 
l’expérience de forces invisibles (énergie d’amour, plus grand que soi, divin, âme…) 
l’accès à des perceptions subtiles (énergie, vibration, intuition…) 
une guidance intérieure 
une quête de sens 
une démarche d’alliance avec l’universel ou le divin en soi et autour de soi 
une démarche de dépouillement vers l’essence de la vie, l’essence de l’être 

 

J’ai adoré écouter toutes les variantes pour définir ce que chacun entend par cette idée : 

- un regard permanent et quotidien, chaque seconde du réveil au coucher, une conscience de ce qu’on est vraiment et l’envie d’un partage vibratoire en résonance avec l’autre
- une philosophie, des croyances intimes sur les forces invisibles qui animent l’univers
- la reconnaissance des forces universelles qui animent l’univers 
- la conscience en des forces plus grandes que sa dimension personnifiée humaine 
- l’aspiration à être relié avec le plus grand, le plus essentiel de la vie
- la conscience d’être relié à ce qui coule par essence 
- un alignement, un centrage de toutes les facettes de son être
- la conscience que nous avons tous un parfum unique
- le partage du goût et du regard de l’être que l’on est en profondeur 
- la conciliation entre la dimension matériel du vivant et la dimension de l’esprit, de l’intuition 
- une capacité à donner du sens en tant que signification ou direction à son vécu
- une capacité à célébrer, honorer la dimension sacrée de la vie 
- la conscience de ce qui anime nos vécus 
- une énergie d’amour vibrante 
- une ouverture du cœur 
- une belle humanité qui accueille toutes les facettes de l’humain
- une capacité à voir ce qui est beau au-delà des apparences et quelques soient les circonstances
- une capacité à être tout simplement dans une ouverture inconditionnelle à l’autre
- une essence qui imprègne tout et qui se projette dans nos vécus
- un moyen pour conscientiser ce qu’on porte à l’intérieur de soi
- la conscience que tout ce qu’on est à l’intérieur (pensée, sentiment, désirs) et qui s’incarne à travers nos gestes, nos paroles et nos créations
- l’incarnation de son unicité
- la présence du divin dans nos vies
- une présence vibrante, consciente de la lumière qui anime chacun 

   

      Toutes ces définitions montrent que chacun a une vision légèrement différente de ce qu’il veut partager en intégrant la spiritualité dans son approche. Ainsi le partage de sa dimension spirituelle relève parfois de celui d’une vibration, de l’accès à une perception subtile, de l’expression d’une loi universelle ou d’une force supérieure à soi-même ou bien du partage d’un processus de reliance, de conscience ou d’incarnation… 

    Un soignant a le souhait d’améliorer l’harmonie de la vie des personnes rencontrées. Hors un cheminement spirituel a souvent eu un impact majeur sur l’harmonie de sa propre vie et sur l’amélioration de sa propre santé. Il semble ainsi légitime de souhaiter partager, ce qui nous a fait du bien, aux personnes en recherche de santé et de bien-être qui nous consultent.

      J’aime bien me rappeler que lorsqu’une personne me consulte en tant que professionnel de la santé, c’est qu’elle attends, en première approche, une réponse dans la sphère des possibles de la profession du soignant. 
Alors, en quoi partager ma vision spirituelle peut offrir une réponse qui contribue à l’autre ? 
Pour quelles raisons rendre visible ce qui m’anime dans ma dimension spirituelle ? 
Quel bénéfice à partager ma vie spirituelle dans mon activité de soignant ? 

 

       Comme évoqué ci dessus, partager sa dimension spirituelle dans son activité de soignant est d’abord pour partager l’impact que la spiritualité a eu sur sa propre santé et sur l’harmonie dans sa vie. Dans ce sens, reconnaître le vivant en soi fait du bien. Identifier ce qui est juste pour soi encourage à aller vers un épanouissement moins conditionné (par ses émotions, ses croyances acquises…). Écouter la voix de son intuition encourage à aller vers ce qui déploie la vie en soi. Toutes les démarches de sens, d’accès à plus de vie en soi, encourage les processus de santé et de bien-être. 

 

       J’ai longtemps cru que l’accès à des perceptions subtiles (ressentie énergétique, intuition, messages d’autres dimensions…) était indispensable pour soigner en profondeur et que cet accès était le signe d’une démarche spirituelle aboutie. Je pensais aussi que cela donnait plus accès à son intuition et à reconnaître ce qui est bon pour soi. Je pensais aussi que tant que je ne serais pas en mesure de lire dans l’autre comme un livre ouvert et de l’aider à se comprendre parfaitement, je ne serais pas une bonne thérapeute. J’ai fini par comprendre que chaque sensibilité est parfaite pour entrer en relation avec la personne qui est face de nous. D’ailleurs, quand une information est disponible parce qu’un praticien a accès à des infos subtils, cela peut être légitime de la partager si cela semble soutenir la démarche de soin entrepris ensemble. Je reste fascinée par les personnes ayant accès à des informations qui sont invisibles pour la plus part. Un musicien qui a l’oreille absolue ou un artiste peintre qui voit des nuances de couleurs me semblent incroyables, tout comme ceux qui ont accès à des perceptions corporelles subtiles. Mais avoir plus d’information peut autant favoriser le lien qu’au contraire créer un fossé en montrant la différence de vécu de chacun. Finalement, l’enjeu n’est pas de sentir plus, mais de savoir communiquer les informations. C’est tout l’art de la relation humaine. 

   

       Partager sa dimension spirituelle dans son activité de soignant c’est aussi partager son expérience des lois du vivant et des forces invisibles qui interviennent dans le vécu de chacun. Cela permet ensuite d’offrir une autre vision des fonctionnements à l’origine de la souffrance et de l’épanouissement. Ce partage peut aussi bien être une explication de ce qui a été compris sur les lois de l’univers, qu’une démonstration par son vécu en présence. Un changement de positionnement intérieur peut s’amorcer chez le patient, par effet miroir, par l’accès vibratoire à un autre possible ou par l’accès à la conscientisation de ce possible. Oser exprimer nos expériences sans censure peut être inspirant et encourageant pour que chacun soit libre de vivre ce qui est bon pour lui. 

 

       Partager peut aussi être, offrir un regard bienveillant et accueillant sur un vécu souffrant ou  porter une attention à destination de l’essentiel de l’autre, de son être, de sa lumineuse présence au-delà du décors personnifié. Alors le soin passe par un état de présence dans un ouverture inconditionnel d’être à être. La posture porteuse de paix et d’accueil encourage ce vécu, par effet miroir, chez le patient et les outils deviennent un plus qui permettent l’espace d’expérience de la rencontre. 

 

        Enfin, dans une quête de sens du soignant, partager son unicité incarné, son parfum unique, relié à la conscience de son essence vibratoire, est inspirant et donc soignant. Et une fois l’aspiration à être soi-même est enclenché, il n’est plus possible de sectoriser dans les différentes parties de sa vie. Cela pousse à oser dire ce qui est présent, sans anticipation et sans crainte de la réaction des autres, dans tous les domaines de sa vie. 

Le mouvement Dans la danse