Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit.

Association loi 1901

2021 © wecareweare. Tous droits réservés

 

 

La bizarrerie du monde

15/05/2021

La bizarrerie du monde

Par le Dr Sophie Mainguy

Il est d’usage de considérer le monde quantique comme une bizarrerie. 
La bizarrerie quantique est une expression consacrée qui regroupe l’ensemble des propriétés de cette mécanique particulière :  la dualité onde-corpuscule, l’intrication, l’indétermination, l’influence de l’observation ou encore l’échappement temporel pour les principales. 
L’étrangeté quantique vient se démarquer de notre physique newtonienne car ce qui est indéterminé, participant, intriqué, non local est déclaré inhabituel pour ne pas dire magique. 
La mécanique quantique décrit nos rêves les plus fous, ceux d’un monde ou l’attention et l’intention décident du comportement de particules affranchies des contraintes du temps et de l’espace.
Dans notre expérience, ce que nous considérons comme la réalité extérieure n’est pas perçu comme labile ni influencée par notre volonté. 
Nous admettons que la frontière entre dispositions intérieures et extérieures est étanche, et que notre principe de vie est celui d’une d’adaptation aux évènements d’un monde solide et déterminé qui ne répond certainement pas aux propriétés étranges de la mécanique quantique. 
Dans son livre « Biologie, Médecine et Physique Quantique » *, Raphael Cannenpasse fait le point sur les données de ces mondes et tente d’en préciser les liens. 
Il rappelle que « les principes d’incertitude et de complémentarité sont essentiels … et conduisent à la conclusion que le monde n’est pas constitué d’objet mais d’interaction ».
Que « théoriquement tout objet macroscopique possède une longueur d’onde bien que, selon la formule de Louis de Broglie, elle soit trop petite pour être observable ».
Et il affirme ainsi « que rien ne nous interdit de décrire notre corps (ou tout autre objet) par une onde associée même si elle est infinitésimale ».
Le monde des phénomènes que nous observons pourrait donc être tout aussi bien défini par ses caractéristiques ondulaires, le rendant ainsi plus proche de la vie particulaire et de ses bizarreries quantiques.

 

Dans cet Esprit, le fait que le monde puisse être le résultat de l’interaction entre notre conscience et la matière passerait de loufoque à envisageable.
Oui mais voilà, dans notre expérience nous croyons constater que le monde ne répond pas à nos demandes, bien au contraire.
Il ne se conforme pas à nos idées ni même à nos désirs. 
Imaginer qu’il puisse dans sa représentation être le fruit d’un partenariat conscientiel est donc un outrage à notre intelligence et à notre observation. 

 

Il est pourtant des domaines où cette intrication est parfaitement observable.
L’espèce humaine dans son ensemble en témoigne.
Les états des humains se syntonisent entre eux.
Le rire et la joie sont communicatifs tout comme l’émotivité. 
La contagion émotionnelle est notre quotidien, elle est même la norme sociale et empathique. 
Volontairement ou non, les ambiances se répandent et le rendu final ne tient pas tant aux fameuses conditions extérieures qu’aux pressions exercées par nos humeurs intérieures. 
Ainsi, il est souvent remarqué à travers le monde combien la joie peut être présente au milieu de la pauvreté et la morosité infiltrée au sein de l’opulence. 
La facilité ou non de l’environnement n’a alors pas de causalité directe. 
La confluence de nos états façonne donc significativement la réalité vécue.
Ce qui est ressenti se transmet et s’imprime dans notre environnement à des niveaux divers, des plus subtiles aux plus détectables.
Le résultat collectif détermine une sorte de règle du jeu qui conditionne les parties jouées par les différentes sociétés existantes.

 

En mécanique quantique, l’effondrement de la fonction d’onde correspond à la perte de possibilités dans la réalité. Là où précédemment l’ensemble des devenirs étaient possibles, la mesure définit un comportement. Imaginons qu’un objet puisse avoir initialement plusieurs formes, le fait de mesurer ses dimensions dans une de ces formes le condamne à la prendre et éteint la possibilité qu’il puisse revêtir les autres.

 

L’existence de l’étrangeté quantique dans notre quotidien se pose peut-être en ces termes.

 

Et si nos jugements étaient précisément ces mesures ?
Et si le monde que nous observons n’était que le résultat de nos partis pris, de nos appréhensions et de nos refus qui, constituant la définition même de ce qu’il est, annihileraient les possibilités d’existence de mondes alternes ? 
Nous ne sommes que peu conscients de nos rejets, de nos refus, de nos incriminations, de nos rancœurs et bien sûr de nos dénis mais si chacun d’entre eux constitue une mesure du monde et effondre les autres réalités quand ils sont émis, il nous échappe peut-être que le monde est parfaitement cohérent avec nos états.

 

Peut-être même que la solidité newtonienne est favorisée par la gravité, la rigidité, la séparativité avec laquelle nous abordons la vie ? Peut-être que le monde newtonien est en fait la bizarrerie créée par nos choix de regard ?

 

La théorie du Bootstrap réexposée dans ce même ouvrage de Cannenpasse-Riffard y est favorable.
Celle-ci « dénie l’existence de constituants fondamentaux de la matière ». Elle suppose que « l’univers est conçu comme un tissu dynamique d’évènements interconnectés. Aucune des propriétés d’une partie quelconque de ce tissu n’est fondamentale, elles découlent toutes des propriétés des autres parties et la cohérence générale de leurs interactions détermine la structure du tissu entier ».

 

Alors le monde n’aurait finalement aucune objectivité et ne serait que le parfait reflet des focalisations majoritaires.  Malléable à merci, il serait l’image incorruptible de notre vérité d’expérience collective du moment. 
Et le tour de magie nous ferait croire en la constance d’un monde fictif qui n’a de stable que le lien contigu que nous avons d’avec lui. 

 

* « Biologie, Médecine et Physique Quantique » Raphael Cannenpasse édition Résurgence-Médecine et sciences.

La pression des demandes Le retour