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Peurs

05/08/2021

Peurs

Par le Dr Hélène Coulier.

À lire doucement.

Un dimanche, j’avais peur, une peur sans raison apparente. En n’y prêtant pas attention cela aurait pu se transformer. C’était juste un petit changement d’habitude, une nouveauté dans le paysage de ma vie. Quelque chose de très naturel qui laissait transpirer l’attachement de la mère à l’enfant. 
J’aurais pu me détourner de cette peur de perdre, en me distrayant, ou tenter de la donner à quelqu’un. Mais ce n’est pas ce que je veux.
 
Avez-vous remarqué comme la parole, les gestes peuvent être des moyens de partager « son mal-être », de le diluer ? L’angoisse, la culpabilité, la tristesse, la douleur peuvent être confiées.
Parfois, il peut être salvateur de s’en remettre à l’autre. D’autres fois, la discussion permet de s’entendre à travers l’autre et de se retrouver. Enfin, en s’observant, on peut voir les réflexes qui, sans vigilance, font surgir des mots, des gestes, et engager un mouvement contraire à ce que nous voulons. Là, nous ne pouvons plus nous raconter être victime de la vie, ou trouver des circonstances atténuantes. C’est là qu’intervient la déprogrammation.
 
Quoi qu’il arrive dans notre expérience, il est bon d’observer. Comment se manifeste une pensée, une émotion, une sensation ? Quelles réactions surgissent ?

Il n’aura échappé à personne que l’expérience covid secoue la peur.  Elle la rend plus visible. Et c'est peut être sa principale fonction. Parfois la peur n’est pas vue par la personne et est directement projetée sur l’autre. Parfois son accueil est impossible, différé et d’autres émotions prennent le relais. 

Les facteurs déclenchant des émotions sont liés à l’histoire, à la mémoire de l’individu. Le contexte de survenue de la peur est peu important. Chacun dispose des meilleures circonstances pour vivre ce qu’il a à vivre. Aucune comparaison des histoires n’est adéquate, même si elle est tentante. À chacun son lot de peur.
Comme l’écrivait Sophie Mainguy, une peur est une peur. Elle n’a pas de taille ni de substance . Ce que nous percevons, c’est l’intensité engagée à lutter contre.  
 
L’attachement, par exemple, peut aussi bien s’expérimenter au travers de la relation à un parent proche, un animal, un objet un lieu. Peu importe, c’est juste de l’attachement. Ce qui est vraiment courageux, c’est laisser « l’autre » libre de vous-même. 
  
De la même façon, il peut exister un attachement aux idées et aux peurs. Ainsi, avoir peur d’être seul, permet de justifier toutes sortes de relations de dépendance qui devront disparaître une fois la peur reconnue.  Concernant les idées, cela est plus subtil. Toute définition fait naître son exact opposé. Les idées de justice et de liberté s’accompagnent de leurs opposés l’injustice et l’oppression. Lorsque je définis,  je cloisonne. 
Au travers de nos idées, nos principes, aussi nobles soient-ils, nous pouvons être très rigides. La référence est le point de départ du jugement. C’est la chaîne que l’on s'attache.

 


La réponse juste aux évènements est naturelle et ne provient pas d’une réflexion, elle est libre du passé et dénué de jugement. 

 


Si notre cœur est la réponse et il est aussi pure compassion.  Rappelons-nous que lorsque l’autre semble se tromper ou paraît perdu, c’est aussi qu’il est en train d’essayer de se trouver. Chacun fait de son mieux.

 


J'ai aussi remarqué qu’il pouvait y avoir des freins au mouvement naturel de la vie. Nous voulons retenir ce qui est obsolète et ne nous convient plus. Ce peut être de petites choses, par habitude personnelle. Seulement nous ne sommes pas nos habitudes n’est-ce pas ?  
 
Nous voulons conserver la définition de nous-même intacte, par peur de disparaître.  
Tout ce qui nous touche directement est alors important. Plongez dans la proximité avec intensité et particulièrement avec ce qui est irritatif.
 
Notre état naturel est calme et sans question. Nous sommes l’immensité qui observe le changement. 
 
Demeurer AVEC le doute, les embûches, les contretemps, les impasses, le bruit, les épouvantails, les fantômes, et ne pas se distraire et s’en détourner. Jusqu’à ce que l’idée même de l’erreur se dissolve.
  
L’intérieur et l’extérieur sont synchrones. Dans cette connaissance, la lecture du monde change. L’attention est non focalisée, globale. Ce qui est important devient visible.  

 


Ce qui m’est venu donc ce dimanche, dans cette expérience de l’attachement, est la liberté.  
J’ai longtemps cherché la manifestation de la liberté que je ressens. En réalité, c’est ce que je suis.

La liberté me regarde et je la regarde à travers toi. 

 

Lien vers le livre blanc WCWA sur les peurs

 

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