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Quand la vie carcérale rencontre la méditation

28/10/2020

Quand la vie carcérale rencontre la méditation

Deux révolutions intérieures entre les murs d'une prison

Ces cas sont tirés d'une multitude de rencontres thérapeutiques entre soignants en milieu carcéral et détenus , dans le cadre de programmes de pratique de la Méditation Pleine Conscience.

 

Pour Mr T, son incarcération a fait l’effet d’une bombe. Père de famille, commerçant, apprécié et sympathique, il a vécu son arrivée pour des motifs fiscaux comme le pire cauchemar pouvant se réaliser. Apeuré et impressionné, inquiet pour sa famille, c’est en larmes que se déroulent les premières consultations. Le diagnostic est posé: Mr T souffre de choc carcéral. Il refuse catégoriquement sa nouvelle réalité et l'impuissance à s'en extraire entraîne un état dépressif réactionnel. Accompagné à la pratique de la méditation de pleine conscience dans un but d’anxiolyse (il refuse les traitements médicamenteux), il va minutieusement observer pendant les six mois qui suivent les différences entre ses idées préconçues, ses peurs et la réalité humaine de son expérience. Lors de notre dernière rencontre, il confie que, si ce n’est l’impossibilité morale pour lui de le reconnaître, son incarcération est l’expérience la plus exigeante et enrichissante de sa vie. Celle-ci lui a offert une révolution intérieure par une meilleure connaissance de soi, une ouverture d’esprit et un rapprochement affectif familial sans précédent. 

 

 

Mr J a 18 ans, et vient d’être incarcéré pour la première fois pour un trafic de stupéfiant. Il se plaint de la brutalité de l’arrêt de sa vie. Il dit devoir subvenir aux besoins de sa compagne (par ledit trafic) qui habite en famille d’accueil et qui va accoucher d’un petit garçon dans un mois. Il est très désireux de faire "bien" pour l'arrivée de son enfant afin que celui ci ne vive pas les "mêmes galères" que ses deux parents. Il a été arrêté avec du cannabis, de la cocaïne et de l’argent sur lui. Il est éploré, inquiet, choqué. Dans son environnement culturel, rien n’est plus banal que de monnayer des stupéfiants pour assurer ses fins de mois. Au cours de l’échange Mr J perçoit tout le paradoxe de commettre des actes illégaux avec inconscience dans le but d’assumer ses responsabilités. Éclairant cette contradiction, monsieur J accepte une idée nouvelle pour lui. Celle du choix et d'autres possibilités lui permettant d'honorer la fiabilité qui lui tient à coeur. Mr J concède que « commettre des délits passibles d’emprisonnement n’est pas une voie d’amour et de soutien familiale rassurante et sereine » et que si, tel qu’il le prétend, c’est ce à quoi il aspire, il doit changer de stratégie. Mr J cesse de se plaindre, a manifestement retrouvé force et courage. Les règles du jeu lui semblent plus accessibles et il a des projets pour sa sortie. 

Un soulagement venu d'Orient