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Comme nous le souhaitons, jusqu'au dernier souffle...

11/03/2020

Comme nous le souhaitons, jusqu'au dernier souffle...

Partage d'expérience et de réflexion par Nathalie, infirmière

J'avais 24 ans quand j'ai commencé des études d'infirmière. En stage de gériatrie, l'infirmière avec qui je faisais le tour me demanda d'aller faire une injection à Mme X. Seule avec la patiente et soucieuse de bien effectuer mon geste infirmier nouvellement appris, je pris mon temps et sentis son regard plongé dans le mien avec une profondeur inexplicable, et de toute son âme, elle me dit : "j'ai 90 ans, et je voudrais qu'on me laisse partir en paix, ne pouvez vous pas me laisser tranquille, à mon âge, n'ai je pas le droit de choisir ? "

Bouleversée, j'exécutai mon geste jusqu'au bout, l'aiguille tapa dans l'os iliaque car elle n'avait plus que la peau sur les os et je sortis de la chambre à tout jamais changée.
Je remis l’ haricot à l'infirmière et lui dit que je n'irai plus jamais piquer cette dame, et demanda un RDV avec la cadre infirmière.

 

J'exposai le soir mes doutes et questionnements : "de quel droit peut on imposer des soins à une personne qui ne le souhaite pas ? Quel sens ça avait vu son âge et sa demande ? Qui, à part nous même, a le droit de choisir pour notre vie ? Quelle est cette société qui a si peur de la mort au point de ne pas respecter le choix de la personne ? "
Réponse de la cadre :
" tu n'es qu'une exécutante du médecin. Certains médecins vivent la mort comme un échec, maintenir la vie à tout prix est leur combat, même si c'est contre le souhait de la personne. " Alors je devais être exécutante d'un choix conditionné par une névrose de la personne face à la mort ? 


À ce moment là, j'ai réalisé que personne n'avait le droit de juger et de décider pour quelqu'un de la manière dont il souhaitait vivre (en dehors d'une pathologie psychiatrique ou neurologique entravant les facultés décisionnelles). La vie est un cadeau, il n'y a pas de vie sans mort ni de mort sans vie, c'est la même pièce, et nous devrions tous être libre de la célébrer comme nous le souhaitons jusqu'au dernier souffle. À partir du moment où nos choix n'entravent pas la liberté d'autrui, qui, à part nous même a la responsabilité de ce cadeau ? Personne. À partir du moment où je donne ce pouvoir à quelqu'un d'autre, je me déconnecte de qui je suis au plus profond de moi même. Le regard de cette femme parlant directement à mon cœur m'a connecté profondément à ce qui est un droit fondamental. Quand une société commence à toucher aux droits fondamentaux des individus sous prétexte de X raisons, c'est une société qui se perd dans sa propre folie.

Sauvée par le yoga À chaque patient sa médecine, à chaque médecin sa vision de la maladie.