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Pour quoi soigne-t-on ?

11/06/2020

Pour quoi soigne-t-on ?

Réflexion sur le choix d'une profession de santé, par Magali ALCARAZ BIONDI - orthophoniste.

Quel enfant n’a pas rêvé un jour d’être docteur, vétérinaire ou « sauveur de la planète » ? Il semblerait que l’être humain ait cette propension à l’empathie et au soin.

 

 L’enfant a grandi et nous voici aujourd’hui « professionnel de la santé ». Mais pour quoi avons-nous choisi ce métier ?

 La question mérite d’être posée et exige une réponse sincère de notre part, qui va chercher dans les recoins les plus intimes de notre Être.


Est-ce :
Parce que l’on soigne dans la famille, de père en fils ?
 Lorsque l’on soigne juste parce que les autres l’on fait avant nous et qu’il faut faire comme eux, suivre l’exemple et ne pas déroger à la règle, on est dans le déni de Soi.
Parce que c’est un bon parti qui paye bien et qui nous assure ainsi une bonne « place » dans la société ?
Lorsque l’on soigne pour une contrepartie financière sans appétence particulière, on est dans le déni de Soi. D’aucuns diraient d’ailleurs que cela est de la prostitution.
Parce que c’est valorisant : le soignant se positionne au-dessus de son patient : il est celui qui sait ? 
Lorsque l’on soigne dans le but d’avoir du pouvoir, on est dans l’orgueil et le déni de Soi (et de l’Autre).
Parce que l’on a de la reconnaissance de la part du patient et/ou de sa famille et/ou de notre entourage ?
Lorsque l’on soigne pour être reconnu, que l’on se nourrit des gratitudes de nos patients et de nos proches, on est dans le déni de Soi.
Parce que, dans notre enfance, on a « perdu » un proche que la médecine n’a pu sauver et l’on veut prendre une revanche, trouver la réponse, pour ne plus avoir à revivre cela ?
Lorsqu’on soigne pour réparer, on vit dans le passé et on est dans le déni de Soi.
Parce que, enfant, l’on a ressenti un manque d’affection, d’intérêt pour notre personne et l’on souhaite ainsi compenser ce manque en s’occupant de l’autre, comme l’on aurait voulu que l’on s’occupe de nous ?
Lorsque l’on soigne pour compenser un manque, on ne vit pas l’instant comme un cadeau, mais comme une « prise » vitale qui pourra peut-être un jour combler ce manque d’Amour en nous. On est alors dans le déni de Soi.
Ou bien parce que c’est une Évidence, que l’on ne peut pas être autrement que dans l’empathie et la bienveillance avec autrui ?
Lorsque l’on est dans cette dernière posture, on se rend compte que le statut de « professionnel de  la santé » est, en fin de compte, utile, mais certes pas nécessaire ; que nous sommes et serons soignants, même lorsque notre activité professionnelle aura été à son terme ; que l’on est avec l’autre (et avec Soi) à chaque instant de la journée, lorsque l’on salue son voisin, lorsque l’on fait ses courses, lorsque l’on est avec sa famille ou avec ses amis et même lorsque l’on est juste (soit disant seul) avec Soi.
Réciproquement, on peut être « soignant » sans avoir le statut de professionnel de la santé : lorsque l’on  EST véritablement avec Soi et avec l’Autre.
Car c’est cela, me semble –t-il être soignant : c’est être Soi !

Heureusement que je ne savais pas du tout ce que c’était... Sauvée par le yoga